Il y a ving-cinq ans de cela, naquirent les Tragiques Événements qui ont plongé notre monde dans un profond Désespoir...
Aujourd'hui, le monde panse ses blessures.. Mais celui-ci n'a jamais vraiment disparu.
 

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 Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Sam 15 Oct - 20:31

Entrainement au Parkour


Kaito était rouillé en arrivant à l'Académie: cela fait un bout de temps qu'il n'a pas pratiqué de Parkour, et ses quelques essais dans les escaliers de l'Académie ne lui ont montrés que les effets d'un tel laisser-aller: il avait de la latence dans ses actions, et ce problème devait être impérativement résolu avant la fin de l'année, où la prochaine fois qu'il fera de l'art, il pourrait finir derrière les barreaux pour acte de vandalisme, emprisonné par des gens sans goûts artistiques, ni compréhension de messages.

La salle de sport principale est étrangement vide de toute âme cet après-midi: les sportifs se sont réunis dehors pour faire du football et autres sports d'extérieur divers et variés. En soit, c'est une bonne nouvelle que danseuses et basketteurs aient abandonnés les lieux: ça veut dire que le Street Artist a accès à tout le matériel disponible sans ennuyer qui que ce soit. C'est parfait, comme un graffiti pacifiste entourant un trou d'obus... On va oublié cette métaphore.

Kaito ne se fit pas prier pour prendre tout ce qui peut apparaître comme un obstacle dans un environnement urbain: le cheval-d'arçon sera un muret, les tapis, en cas de faux mouvements, etc... En moins de temps qu'il en faut pour le dire, notre artiste forma un parcours d'obstacle varié, offrant toutes les possibilités de s’entraîner à jouer les Yamakasis d'école. C'est à croire que les têtes pensantes à l'origine de la réouverture de l'Académie ont pensé à tout en remettant à neuf un établissement à l'abandon.

Enfin, Kaito n'a pas de temps à perdre avec tout cela pour le moment, il doit surtout s'entraîner à se déplacer sur un circuit court avec de nombreux obstacles. Ce qu'il fait: même, il en vient presque à voler au-dessus des obstacles qu'il croise... Jusqu'au moment où il calcule mal un saut, et se retrouve entortillé sur un tapis, avec une petite douleur aux cotes. Bravo, joli vol plané Kaito.

Voilà donc l'obstacle sur lequel Kaito va devoir se concentrer. Il le met à l'écart des autres, face à lui, et remonte sur le mur de tapis, avant d'une nouvelle fois chuter lourdement. Mais il ne faut pas s'arrêter là et abandonner: le Parkour, comme tout sport, nécessite la répétition d'actions avant d'attendre la réalisation. Chaque chute pousse Kaito à revenir sur l'obstacle et à analyser de ses erreurs: une fois, ses pieds sont trop proches du bord, ne lui laissant absolument aucune capacité de prendre le l'élan sans s'arrêter, ce qui pose un sérieux problème; une autre fois, il calcule mal la distance de saut vers la fin, et chute plus lourdement que d'habitude. Tant pis si Kaito se foule une cheville, il passera cet obstacle, même avec des béquilles.

Après un bon dix minutes à répéter ses mouvements sans cesse, il réussit à faire l'obstacle parfaitement trois fois d'affilée. Parfait, il peut maintenant passer à autre chose. Il mélange alors tous les obstacles du parkour, et les rapprochent, augmentant ainsi un peu la difficulté à laquelle il fait face, vu qu'il a moins de préparation. Le jeune artiste a plusieurs bleus cachés sous sa tenue, il a un peu mal, mais il n'en a strictement rien à faire. Tout ce qui compte, c'est qu'à la fin de la journée, il sache se déplacer en ville comme avant les vacances scolaires. Y a-t-il des spectateurs à son travail? Il ne prend même pas le temps de regarder cela, tant il est occupé à se préparer mentalement à traverser le circuit qu'il s'est concocté...

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 21 Oct - 22:56

Entraînement au tir et mauvais timing...quelle plaie...


« Oui je vais bien et toi ?....Non je n'ai rien fait de ce coté là !...Mais oui je suis sûr, si je te mentais tu l'aurais déjà deviné tel que je te connais...c'est ça, abruti de Seïa-onii-chan... »

Flatter l'ego surdimensionné de mon frère fait partie de mes techniques pour l'entuber, et ainsi remettre en cause son titre de "roi du bluff" -en carton- en péril. Le truc, c'est qu'il a pas forcément besoin de moi puisqu'on est beaucoup à le piéger plusieurs fois, mais il est tellement surprotecteur avec ses cadets que quand il lâche l'affaire, on est contents. Je vous jure, il est prêt à faire un procès et à envoyer à l’hôpital une personne qui nous aurait juste bousculé...oui ça va jusque là, mon frère est un grand malade trop protecteur. Alors je sais qu'il nous aime, mais de là à nous faire subir ça...ça file la honte et encore, c'est plus facile ça, que d'essayer de l'avoir. J'ai dit que plusieurs y étaient arrivés, jamais que c'était facile, surtout avec moi, son petit frère de cinq ans son cadet, mais à qui il donne l'impression de n'avoir que cinq ans justement ! Alors je veux bien qu'il prenne son "devoir de grand frère" très -trop- au sérieux, mais à ce point là ce n'est pas possible de nous prendre pour plus imbéciles que lui ! Eh ! C'est pas pour rien que sur mon portable catégorie contacts, il est nommé "Abruti de Seïa-onii-chan". Et bien évidemment il ne le sait pas, j'ai pas trop envie de me taper sa complainte du grand frère mal aimé qu'il fait si bien -à force d'années d'expérience- qu'il parvient à me faire culpabiliser ce triple imbécile ! Ce qui lui laisse le plaisir incommensurable de pouvoir me demander tout ce qu'il veut et d'enfoncer le couteau dans la plaie si je refuse. Manipulateur ? On peut le décrire comme ça certes, mais c'est Seïa-onii-chan, mine de rien, on a pas trop envie de changer de grand frère quand on connaît celui là et tous les efforts qu'il fait pour nous...même en cuisine alors qu'il pourrait nous refaire Hiroshima avec un simple micro-ondes.

« Merci, si tu savais comme je suis honoré de ta confiance...mais non tu imagines, moi, ironique ? Me la fais pas...allez à plus tard, passe une bonne journée...merci et passe le bonjour au boss...au revoir Seïa-onii-chan. »

Enfin libre ! Je raccrochai en même temps que je lâchai un soupir de soulagement extrême causé par le fait de m'être débarrassé de mon frère. Je l'aime malgré tout, mais il est envahissant au possible, j'arrive pas à y croire, il m'appelle tous les jours quand c'est pas plusieurs fois par jour ! Mais il a pas un boulot ? Il est pas policier bordel ?! Lui qui nous avait tous saoulés avec son rêve de le devenir est en train de négliger son activité ! Quelle plaie franchement...la prochaine fois, je le rappelle à l'ordre, à se demander qui est le grand frère dans la famille...comme quoi l'âge ne fait pas tout, la maturité -ou la déprime- joue aussi un rôle dans la prise en compte des réalités de l'existence, et c'est pas son cas mais le mien, du coup bah...j'y peut pas grand chose moi et c'est mieux si quelqu'un le surveille parfois. Pas mécontent d'avoir atterri ici, ça fait moins de temps avec lui et un peu moins de fatigue sur les bras, car oui, mon frère est épuisant, il a tellement d'énergie qu'il me vole le peu que je peux emmagasiner, ce n'est pas possible mais comment il fait ? Je ne cherche même plus à savoir, je crois que c'est trop opaque pour moi, je m'y perdrai. Il a le mérite de me faire penser à autre chose, ce n'est pas de refus, et il m'a tenu compagnie cette nuit, je dois bien lui rendre ce mérite, malgré tout, il s'occupe de nous et nous aime à sa manière...aussi louche peut-elle être dans un certain cas sur lequel je ne m'épancherai. Que croyez-vous, je suis quand même reconnaissant envers mon aîné quand il fait les choses bien, et le traite de tout les noms si il fait quelque chose de particulièrement louche ou tout autre terme péjoratif dont obligatoirement le terme "stupide" compris dans le lot...j'aime bien Seïa-onii-chan, je le châtie bien !

Et en parlant de penser à autre chose, je me suis dit -comprenez : suggestion de Seïa-onii-chan- pourquoi ne pas faire joujou avec mon fusil, celui à qui je dois mon "talent" ? Hé, je crois qu'on a un examen en milieu d'année et si jamais je rate, je vais me brosser pour être plus fort, et par voie de conséquence, digne de ma famille...du moins ceux qui restent ou plus probablement celui qui reste. C'était en fait un peu pour ça que j'ai atterri au gymnase, pas parce que je vagabondais en discutant par téléphone avec mon idiot de frère qui a mal choisi son moment, mais ça, c'est presque un don chez lui, le mauvais timing. Mais ça, c'est quelque chose que tu as ou que tu as pas, et ça dépend des moments...sauf que quand c'est tout le temps, je crois qu'il vaut mieux se poser des questions avant de tenter une autre action, après je dis ça, je ne dis rien. Bref, le plan c'était à la base, de squatter le gymnase en sachant que normalement personne n'y serait, oui j'ai un peu pris mes repères au préalable parce que j'avais prévu, mais j'étais pas dans le bon état d'esprit. Les joies de la déprime...mais non je ne vais pas "mieux" c'est juste plus supportable et je suis enfin capable de penser à des choses plus variées. Je m'applaudirai moi même mais pour le moment, je me dis juste "Bravo Hikaru, tu vas enfin pouvoir faire quelque chose de ta carcasse qui croule sous le fusil dans ton dos et te renforcer un peu parce que tu as du poids à prendre, des os à solidifier et peut être une sale tête à rétablir !" Enfin pour le troisième point on verra cette nuit, qui sait si je me défonce physiquement, avec de la chance, je dormirais un peu. Mais ça, c'était ce qui était prévu originellement, car moi aussi, je peux faire preuve de mauvais timing...comme maintenant quoi.

Moi qui pensais être seul et prendre des trucs que je devrais viser depuis les gradins, je suis mal barré. Pour deux raisons : Tout d'abord, les objets en question ont visiblement été usité à un quelconque parcours d'obstacles...ou quelqu'un qui a envie d'enrager le personnel sportif mais ça, c'est eux que ça regarde, parce que là, ça m'ennuie un peu. Je pourrais tout arranger mais si on compte ma force d'allumette et tout ce qu'il y a, on va pas être compatibles. Quoique c'est pas que pour ça puisque la deuxième raison fait son apparition ici : un camarade de classe, en regardant plus près je reconnus Takebashi. Je suis dans la chambre au fond du couloir du coté des mecs de première année, j'ai donc le temps de regarder les autres portes, les noms et les images pixelisées -même là dessus j'ai une sale tête c'est dire- ça aide, et je l'ai surtout repéré à cause de sa carrure...c'est pas le genre à se casser les côtes en rigolant lui ! Enfin, il a pas l'air d'être du genre à rigoler de base...je sais que je suis mal placé pour dire ça mais c'est devenu un automatisme de cerner légèrement le caractère des autres, soyez élevé par un représentant des forces de l'ordre et on en reparle ! Et je le regarde en train de faire un saut sur une pile de tapis...et le rater. J'aurais déjà dû aller à l'hôpital si j'avais été à sa place, c'est qu'il est doué ! Et il réussit enfin l'obstacle...impressionnant et je crois que c'est la première fois que je me prends d'admiration pour quelqu'un qui fait ça...ou pas...j'ai dit quoi plus tôt ? Qu'un de mes pères adoptifs était flic ? Et qu'il avaient des héritiers ? Voilà, ceci s'appelle une énorme bourde, par chance, c'est pas ce moment qui revient, mais quand bien même ça fait pas plaisir.

« C'est raté pour penser à autre chose je crois... » soupirai-je.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Jeu 1 Déc - 18:03

Invité surprise, séance raccourcie


Pendant que Kaito refait le parcours d'obstacles une deuxième fois, une figure se fait repérer dans le coin de l’œil, le faisant trébucher méchamment sur le cheval-d'arçon, provoquant un petit salto avant, avant de s'écrouler comme une enclume sur un tapis qui peine à soutenir le corps chutant du jeune artiste. La chute lourde fit écho à travers toute la salle, comme une onde de choc... Et Kaito est juste un peu sonné.

Il se relève en utilisant l'obstacle traître, mais n'eut aucun mal à revenir sur ses pieds, comme s'il s'était juste accroché à une racine, et non pas fait des figures acrobatiques à moins d'un mètre du sol. Il brossa la poussière de sa tenue noire, et remonta une des manches, dévoilant une petite dizaine de bleus. Peut-être faut-il s'arrêter là pour aujourd'hui, les réflexes sont bien revenus. Maintenant, il faudra approfondir...

Kaito se tourna vers la personne qui a causé sa chute, sans méchanceté. Il a déjà été assez colérique ce trimestre. Il reconnait le petit personnage: Hikaru Yuugure. Un gringalet, dit à l'unanimité la classe. Et, il est vrai, il est petit et pas musclé. Enfin, Kaito doit paraître comme un monstre, avec sa carrure entraînée aux chutes sur le béton et aux échappées mouvementées de Yamakasis.

-Besoin d'aide?

En une question simple et efficace, le Street Artist cherchait à savoir ce que voulait son camarade, pendant qu'il déplaçait, lentement mais sûrement, les équipements du parcours d'obstacles qu'il s'était confectionné sur le moment. Le corps du jeune homme semblait avoir subi beaucoup durant cette séance non-stop de course incessante à travers des obstacles tarabiscotés.

Pendant qu'il rangeait son bazar, il se remémorait ce qu'il savait du jeune homme: il est très solitaire et renfermé, ce qui fait un bon point commun. De plus, il semblerait qu'il soit un tireur d'élite, sans mauvais jeu de mots. Enfin, son vocabulaire était fleuri, ce qui avait tendance à tester l'endurance des nerfs de Kaito, et le fait qu'il dit très, trop souvent "accouche" lui donnait envie de partir le plus loin, pour ne pas entendre ses paroles... Néanmoins, il pouvait avoir un bon fond... Après tout, c'est, je crois, la première fois qu'ils se parlent.

Après avoir rangé tout l'équipement, il attendit sa réponse... Ou alors, il l'avait dit, et Kaito était trop distrait pour écouter quoi que ce soit. Étrangement, les coups qu'il avait reçu commençaient seulement à se faire sentir, comme si l'effort avait inhibé la douleur sans difficulté aucune. Il s'assis alors sur un banc réinstallé, attendant d'aider un peu son camarade...

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 2 Déc - 9:55

L'art de déranger, mode d'emploi


Avant toute chose, je crois que cette journée est placée sous le signe de l'exploit. Quand je parle d'exploit cependant, je ne l'utilise pas dans le même sens que mon frère lorsqu'il parle d'une action héroïque, hors du commun. Ça c'est la définition basique voire presque irréaliste, ce qui est parfois ridicule quand je l'écoute me raconter avec passion ses interrogatoires, arrestations et autres enquêtes. Non, le sens que moi j'attribue au terme « exploit » c'est un sens plus modéré, parce que comprenez que lorsqu'on passe son temps à être une larve, faire ne serait-ce que quelque chose d'autre, comme mener une conversation normale de plus de trois mots avec un camarade de classe, fait partie du terme, ainsi, telle est ma définition d'un exploit. C'est sûrement décevant pour certains mais déjà, c'est presque trop pour moi, parce que même tenir certaines promesses devient un truc particulièrement difficile. Mais pour vous ajouter un autre exemple, boire du café est un exploit pour moi...enfin non, c'est plutôt de la torture que je m'inflige parce que ce truc est tout simplement tout ce qu'il y a de plus imbuvable au monde. Et en plus, il n'y a rien de tel pour te détruire l'estomac, et dans les pires cas, en mourir. Alors, toujours envie d'en boire cinq litres par jour ? Donc je crois qu'on peut dire que réaliser des exploits pour moi relève d'un masochisme certain, dans la plupart des cas, et d'une patience que je ne me serai jamais soupçonné vu comme la plupart du temps, j'énerve bien les autres à force de leur demander de se dépêcher un peu lorsqu'il mettent cinquante plombes à finir une phrase. Je ne suis pourtant pas effrayant que je sache. Alors d'accord, j'ai une sale tête et je ne suis pas engageant, mais c'est pas moi avec ma carrure d'allumette qui va mettre quelqu'un à terre ! C'est plutôt le contraire en fait, la preuve, dans la classe, je fais l'unanimité lorsqu'il s'agit de m'attribuer les termes de « gringalet » ou « mort-vivant », et c'est pas Takebashi qui dira l'opposé.

Donc je disais que le premier exploit était d'avoir prévu de faire autre chose que : errer dans les couloirs, manger des sucreries, ou surmonter mes trop fréquentes crises d'angoisse. On applaudit bien fort encore une fois, je sais, c'est très très rare chez moi, et je n'en ai rien à faire. Parce que pour une fois que je compte faire ce qui m'a emmené ici, il faut quand même marquer ça d'une pierre blanche comme les cheveux de Seïa-onii-chan. Et quand je dis une pierre blanche, je ne dis pas ça par vantardise. La vantardise, c'est un truc pour ceux qui ont un minimum d'estime d'eux mêmes, mais quand t'es celui qui a probablement tué ta sœur, c'est dur de s'apprécier un minimum. Encore, si j'avais été aussi proche d'elle que de mon frère -soit très peu- ça serait plus supportable, mais c'est un peu la personne dont je suis le plus proche dans ma famille, et celle pour qui j'ai une admiration sans bornes. Bon en même temps, comment ne pas admirer l'incarnation même du calme olympien qui a des capacités physiques extraordinaires, envers qui t'as même pas dit un truc qu'elle devine avec cette aisance déconcertante qui es la sienne ce qui ne va pas, et qui trouve les mots on ne peut plus justes pour te remonter le moral ? Moi, j'ai pas réussi, aussi bien à l'admirer qu'à la protéger et c'était bien pour empêcher que ça se reproduise que je me suis pointé dans cette académie et en fin de compte dans ce gymnase tellement grand que je me suis fait entendre alors que je ne parle pas excessivement fort. Du coup j'ai vraiment dérangé Takebashi, preuve que je suis un boulet ! Néanmoins, je ne me suis pas précipité pour lui demander si il allait bien et ce pour deux choses. De un, c'est pas un gamin, je déteste être traité comme tel alors je ne vais pas lui faire subir ça à lui aussi, et de deux, de ce que je me suis renseigné, c'est habituel de s'entraîner comme ça chez lui.

« Non pas vraiment, mais merci de demander. J'étais venu pour ça à la base. »

Mon habituelle volonté de ne pas faire de trop longs discours me fit désigner le fusil super lourd dans mon dos et là, deuxième exploit, prononcer plus de cinq mots sans ironie, colère ou quoi que ce soit d'autre. Je m'applaudis mentalement pour cela, parce que être cordial n'est pas toujours dans mes cordes, mais je ne sais pas pourquoi, j'étais de si « bonne » humeur que je n'ai pas craché mes mots, mais parlé de manière monocorde, ce qui est un progrès. Et aussi parce que Takebashi ne m'avait rien fait, il ne m'était pas antipathique, et qu'à question simple, efficace et polie, réponse simple efficace et polie. Il ne parlait pas beaucoup, moi non plus, et on peut compter les anges par dizaines avant que l'un de nous se soit décidé à ouvrir la bouche. À vrai dire, je ne m'attendais pas vraiment à parler avec lui, j'aurais presque cru qu'il était muet, mais non, c'est juste que comme ma sœur, il ne parle pas d'un mot plus haut que l'autre, pour ne pas dire qu'ils parlent très bas, et pour encore moins dire qu'on ne les entend presque pas lorsque c'est le cas et bon sang Seïa-onii-chan sors de mon corps c'est toi qui parle comme ça, espèce de dernier des imbéciles que le monde n'ait jamais enfanté !! Enfin bon, déjà, j'ai presque l'impression de me sociabiliser, ce qui fait que c'est un exploit, puisque j'ai déjà passé une semaine entière sans décrocher un mot. C'était d'ailleurs la semaine où mon frère était trop occupé avec une affaire pour m'appeler, mais les jours qui ont suivi, je vous promets que je n'ai pas arrêté de le calmer parce qu'il enjolivait tellement ses récits ça se voyait aussi bien que mes cernes et c'était assez dérangeant de ne rien dire. Comme là, j'ai vu à sa chute juste après mon soupir que j'aurais mieux fait de pas venir. Ce sera pour une autre fois, l'entraînement au tir, déjà que je l'ai perturbé, je ne pense pas que je devrai lui imposer ma présence plus que ça.

« Mais bon, je vais pas te déranger plus longtemps, encore désolé pour ça Takebashi et à bientôt. »

Après avoir répondu par autre chose qu'un haussement d'épaule, je détournai la tête en baissant mon regard, après avoir réalisé mon troisième exploit : prendre conscience encore un peu plus -sérieusement je ne savais pas que c'était possible- de la réalité qui implique le fait que je ne sois rien d'autre qu'un boulet. Et dire que pendant l'ombre d'une seconde, j'ai eu la pensée de lui proposer de me foutre dans les gradins en essayant de lui tirer dessus pendant qu'il essayait de faire son parcours. En l'occurrence, là, c'est moi le dernier des abrutis. Mais Hikaru ! T'as pas vu qu'il était blessé, premièrement ? Et que même si ce ne sont que des bleus et qu'il n'y a que des billes dans ton fusil, ça peut faire mal ces machins ! De deux, que si il avait attendu d'être tout seul pour s'entraîner, c'était pour une bonne raison ! Qui plus est probablement les mêmes que les tiennes soit ne pas être dérangé ! Et qu'enfin, qui aurait envie de travailler avec un type comme toi ? On parle quand même du type qui n'a même pas été foutu de faire gaffe à ses arrières et donc provoqué le coma de ta sœur ! Faudrait arrêter d'être utopiste parce que te sociabiliser, c'est un joli rêve, mais si c'est pour refaire les mêmes choses, alors ça ne vaut même pas la peine que tu continues à vivre. Ah oui c'est vrai, t'as fait une promesse à ton frère au nouvel an et tu ne peux pas la trahir ! Dommage ! Surtout quand on sait que bien des choses se seraient mieux passées sans toi ! Je lâchai un soupir après m'être remis les idées en place et tournai les talons, direction la sortie, il aurait pas voulu de moi de toute façon et je le comprends. En marchant, je réajustai le fusil sur mon dos, et doué comme je suis, il a fallu que je croule véritablement sous son poids, comprenez, je suis tombé comme la brindille sans force que je suis. Au propre, comme au figuré.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Mer 18 Jan - 10:20

Quand il faut s'entraider...


L'état était moins grave qu'il n'y parait: la peau était bleuâtre, certes, mais pas d'os cassés, pas de muscles atteints, rien de bien dérangeant. Ouf. Mais quand même, ça a forcé l'arrêt de la séance d'entrainement pour une durée indéterminée, tant que, sous la tenue, la peau perde de sa teinte maladive. Kaito soupira à l'idée de devoir prendre du recul à son entrainement: il doit être au meilleur de sa forme pour qu'il puisse se considérer comme le vrai SHSL Street Artist!

Et puis, un bruit de chute brutal, venant de la sortie. le jeune artiste se retourna, pour voir son camarade au sol, écrasé par son fusil de précision... Je-ne-sais-quel-modèle. Enfin, pourquoi s'intéresser aux armes si on déteste l'idée qu'elles soient utilisés pour s'entre-tuer comme des bandes de loups enragés devant une proie gelée? ... C'est peut-être l'image la plus compliquée qui soit. Enfin, l'arme n'est pas la priorité: c'est plutôt l'individu coincé dessous, qui semble douloureusement s'entortiller.

Kaito le souleva comme on prend une peluche, et pris le temps de retirer le fusil. C'est là qu'il se rendit compte que l'arme faisait pratiquement les deux tiers du poids d'Hikaru, ce qui étonna le jeune homme plus que de raison. Comment peut-il peser moins lourd qu'une arme qu'il doit manier la majeure partie du temps? Il déposa l'arme sur le coté, posé sur un mur, et alla voir le jeune camarade.

-Tu vas bien? Ton arme est lourde, quand même.

... Kaito ne savais pas qu'il pouvait être aussi... Sociable. Même si sa voix reste monotone en diable, on pouvait ressentir de la préoccupation silencieuse. Les paroles, si concises, semblaient néanmoins émaner une chaleur que le jeune artiste ne s'imaginait pas posséder... Enfin, je vais peut-être trop loin, là. Tout ça pour dire: Kaito se préoccupait sérieusement d'Hikaru...

Il le souleva comme une poupée de chiffon et le déposa sur un banc, essayant d'inspecter son dos de manière méthodique, au cas où la chute avait laissé plus de traces que visibles. Mais, n'étant pas spécialiste en médecine, autant dire qu'il cherche un spot de graffiti dans un quartier pauvre: trouver ce que l'on cherche devient affreusement compliqué. Enfin, espérons que le jeune homme soit coopératif... Et espérons que cet étrange scène se passe bien... D'ailleurs, pourquoi il s'est mis à faire ça?

By Paysanne

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Jeu 19 Jan - 18:15

Je suis faible pas vrai ?


Aïe ! Je sais que ce truc est lourd, mais de là à ce qu'il m'écrase, je ne m'y étais pas vraiment attendu...bon d'accord, je veux bien tomber, mais pas me retrouver coincé sous le truc qui est censé faire ma soi-disant spécialité. Ridicule ? J'aurais dit pathétique, minable et douloureux. Bon, l'ego que je n'ai pas n'est par conséquent pas touché, mais je sens passer le poids de mon arme alors que ce truc me broie le dos. Si je m'en sors sans côtes cassés ou autres vertèbres endommagées, ce sera déjà un miracle ! J'ose même pas me relever avant que ça ne se fasse un plaisir de vouloir me détruire, et déjà que lors de la chute, j'ai à peine réussi à ne pas me cogner la tête, ça fait mal à la cage thoracique. Allez, première tentative, on mobilise les allumettes qui me servent de bras, on pose les mains au sol et on pousse ! Sans succès, merci le poignet droit en qui je ne peux pas avoir confiance, et heureusement que je suis ambidextre, sans quoi ce serait mort. Profitant de rester au sol en espérant que derrière, Takebashi ne m'ait pas entendu -ou si c'est le cas qu'il ne se foute pas de ma poire même si je ne crois pas que ça serait son genre- je réajustai mes mitaines avant de faire une deuxième tentative. Un échec encore plus lamentable que le premier, à croire que je vais rester coincé ici encore longtemps, ce qui m'énerve plus que prodigieusement. Parce que quitte à mourir, je préférerais autant ne pas crever sous le poids de mon fusil, encore m'ouvrir les veines ou passer sous une voiture, mais ça, c'est un peu naze, long, et hors de mon consentement, estimant que si quelqu'un doit mettre fin à mes jours, autant que ce soit moi. La seule chose qui me rassure, c'est que je n'entends pas de rires. Ce qui a le mérite de me faire sentir un peu moins ridicule. Enfin, je le suis quand même, et encore je suis sympa quand je dis ça.

Mais là où je me sens encore plus ridicule, c'est quand je me mets à craindre pour mon état en entendant Takebashi s'approcher. C'était devenu automatique, même si je sais qu'il ne va sûrement pas me marcher dessus en criant de magnifiques épithètes enduits d'acide, et encore moins se moquer de moi, mais subissez ça à chaque fois que vous tombez, avec ou sans aide à la fin de votre dernière année de collège et on en rediscute ! Là, je peux garantir que j'ai amèrement regretté d'avoir voulu suivre une scolarité normale et non en prenant des cours par correspondance. C'est ce qu'il y a de bien dans un endroit aussi grand que la Kibougamine, c'est qu'on se fond dans la foule sans problème, et donc, des problèmes, on en a pas. Sauf que je ne suis pas au summum de mon potentiel à me ridiculiser, vu que à ma grande surprise, Takebashi me soulève. Oui je suis surpris, j'aurais pensé qu'il se contenterait de me laisser me démerder, mais j'ai fait erreur et je ne vais pas cracher dessus. Mais là où je suis encore plus surpris, c'est la façon dont il me relève. J'ai vaguement -enfin plus que ça- l'impression d'être une peluche ou un truc inanimé dont on fait ce qu'on veut, voilà l'étendue de mon ridicule. Alors je veux bien que mon camarade soit costaud et qu'il ait pas mal de force, mais est-ce que je suis un tel gringalet ?! D'accord, je ne suis pas lourd, mais me soulever comme ça...j'ai un peu -beaucoup- honte. J'ai pourtant pas l'impression d'avoir perdu de la masse, ni même de manger moins. Certes, je vais tard à la cafétéria, et généralement il ne reste pas grand chose, et j'y vais pas souvent, seulement quand j'ai la dalle...euh...mais j'essaie de faire attention à moi, enfin de ce que je pense. Bon, j'ai compris, je vais voir avant que mon frère me fasse son diatribe. Donc, note à moi-même, penser à aller à l'infirmerie dès la première occasion...et essayer de ne pas y aller parce que c'est une urgence.

Il me pose des questions en retirant mon fusil, et mon épaule droite commence à me faire mal, je ne serais pas étonné d'y voir un hématome. J'ai soudainement l'impression de n'être rien, je n'arrive même pas à répondre, avant de voir ma vue se troubler et d'entendre mes oreilles bourdonner. Ah non ça ne va pas recommencer ! Je frotte rapidement mes yeux, espérant chasser la brume de mon cerveau, et j'essaie de trouver quelque chose à dire. Je mentirais si je répondais par l'affirmative, mais je ne veux pas aggraver mon cas parce que mon dos me fait mal dont mon rein gauche -oh un autre bleu- et parce que depuis le début, je me sens au plus bas, dans tous les domaines. Je me contentais de hausser les épaules en massant celle qui était douloureuse, faute de réponse que je jugeais convenable et de force de la prononcer. Quel minable je fais, je suis vraiment un type pathétique. Et pourtant, j'avais entendu ses mots, malgré le désagrément, et j'avais bien compris, pas besoin d'être un génie pour ça, qu'il se préoccupait vraiment de moi, qui n'en valait pas la peine. Je n'aurais jamais pensé qu'il serait aussi...chaleureux, mais mes cordes vocales étaient trop serrés pour que j'arrive à prononcer autre chose que des syllabes qui meurent avant même d'être exprimées. J'essayai alors de respirer un peu plus calmement, pour ne pas trop montrer à quel point j'étais mal à l'aise alors que passé et présent se mélangeaient dans ma tête. Il fallait que je me reprenne, je ne peux pas me montrer comme ça devant Takebashi, ni devant personne. Crise de panique à la noix, tu ne gagneras pas cette fois ci, hors de question que je pleure ! Je dois tenir le coup, je dois me calmer. Même Seïa-onii-chan n'en sait rien, ce n'est pas pour qu'un de mes camarades de classe le sache ! Ça va aller, je peux le faire, je le ferai. Même si mon corps semble, et est, inerte, c'est le bordel dedans, c'est tellement actif dedans que ça me fatigue justement.

Et je suis une telle loque que mon camarade me prend, et me dépose sur les gradins comme si j'étais une poupée de chiffon, ce que je suis en ce moment. J'ai du mal à m'asseoir alors que je sens la tempête se calmer en moi. Tant mieux, j'ai réussi à me reprendre, je le pouvais, je l'ai fait plus d'une fois après tout. Je suis rassuré, rassuré d'avoir réussi à refréner ce qui me prend à la gorge depuis un bon bout de temps, j'ai presque l'impression que c'est un progrès, mais je ne suis pas débile concernant mon état, je n'ai fait que la reporter, à un moment, ça va revenir, mais j'espère juste qu'à ce moment là, je serai seul pour l'affronter. Je ne sais pas comment faire cesser ça, c'est ce qui m'ennuie le plus, mais en réussissant à me calmer, j'espère trouver une solution avant que quelqu'un ne me prenne sur le fait. Si c'est apparu comme ça, c'est que je peux l'annihiler. Je ne peux qu'espérer ne pas être découvert d'ici à ce que tout aille mieux. Si ce n'était pas une grande structure, ce que je cache aurait été trouvé rapidement. J'en lâchai un souffle soulagé, alors que je sentais Takebashi m'inspecter le dos. C'est vrai que sans miroir, je vais avoir du mal à m'y retrouver, mais je me doutais qu'il ne savait pas trop comment s'y prendre, il était hésitant. J'ai pas mis longtemps pour comprendre son message muet. Je retirai alors ma veste pour soulever mon haut jusqu'à ma nuque, afin qu'il puisse constater l'étendue des dégâts. Je suis assez extrême mais connaissant mon corps qui fonctionne sur le principe ''marquer fort et pour longtemps alors qu'il a à peine été touché'', je me doute que je vais morfler dans les prochains jours. Quelle plaie...en espérant que je n'en aie pas, mais ça, faut voir avec celui qui m'ausculte, et surtout, maintenant que je me sens en mesure de parler, je peux enfin lui exprimer ma reconnaissance, car il n'était vraiment pas obligé de s'occuper du déchet que je suis.

« Dé..désolé de te déranger avec ça Takebashi...tu n'es vraiment pas obligé de te préoccuper de moi...mais...merci...merci beaucoup. »

Et c'est bien évidemment dans ces moments là que ma voix ne fonctionne presque pas, j'espère néanmoins qu'il m'a entendu...

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Sam 25 Fév - 22:08

Même galère...


Bon, Kaito a prouvé un truc: il n'est pas docteur pour deux sous, alors, pour donner son verdict, c'est un peu rapé. Tout ce qu'il peut dire, c'est qu'ils y a des creux et des bosses anormales. Néanmoins, il est à noter qu'Hikaru s'est montré très coopératif, et a pas perdu de temps à lever son maillot, révélant plusieurs marques passées. Une énorme trace, sur son épaule droite, où siégait le fusil, reste inquiétante. Et il ne sait pas vraiment quoi faire, à part un sac de glace qu'il n'a pas.

-Je t'emmêne à l'infirmerie. Je prend le fusil, aussi.

Ni une, ni deux, le voilà levé, prêt à partir. Il se déplaça immédiatement vers la porte de sortie, et se saisit d'un geste vif du fusil du tireur d'élite. Il est lourd, encombrant et sent la poudre à canon, tant et si bien que son regard s'assombrit un peu, comme si la simple aura que possède l'arme le dégoûtait. Mais s'il laissait le jeune gringalet le porter, il allait de nouveau s'écrouler, comme un château de cartes. Et sûrement tout le monde se moquerait de lui... Et, franchement, c'est bien pire que de devoir suporter une arme.

Néanmoins, cet objet encombrant a un plus: il a fait remarquer au jeune artiste que, lui aussi, il devait faire un tour à l'infirmerie. A peine l'arme déposée sur les épaules, une douleur se fit sentir, comme un gamin pourri gaté qui veut être vu. Purée, il fallait que les bleus soient plus importants qu'il n'y parait. A cette douleur, Kaito répondit par retirer une partie de sa tenue de travail, dévoilant pour le jeune garçon une partie de sa peau, rendue bleuâtre par une cumulation de chutes. Et oui, ce n'est pas très joli à voir. Mais on s'y fait... Enfin, c'est ce qu'il pensait. Et, manifestement, non. Parce qu'à cet instant, il se disait que, peut-être, l'infirmerie lui sera peut-être un lieu plus commun qu'il ne l'imaginait...

Après quelques instants à observer sa peau matraquée il n'y avait pas dix minutes, il remit sa tenue en place, et reprit le fusil, certes douloureux au point de lui faire sortir une furtive grimace, mais nécessaire à porter pour que Hikaru ne rejoue pas à qui s'applatira le mieux au sol. Se tournant vers lui, d'ailleurs, d'un unique geste de tête, il lui fit un regard autoritaire, mais aussi un peu inquiet, à travers son âme calme. Il avait intérêt à le suivre, pour son bien...

-Tu suis, et pas de questions.

Le voilà qu'il partit vers la porte, et l'ouvrit, attendant que le petit camarade vienne pour qu'ils aillent d'un commun accord voir un spécialiste. Il attendit, qui sait combien de temps, pour qu'Hikaru daigne enfin le suivre. En fait, il n'a même pas tenu compte du temps. Il lui imposait sa vision, sur le coup, même si ça aurait pu l'énerver. Après tout, c'est un peu pour son bien... Non?

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Dim 26 Fév - 20:11

...même destination


J'espère sérieusement ne pas avoir à aller à l'infirmerie. Pas que je déteste le lieu où les gens qui y sont, mais je suis venu à un stade où j'ai vraiment du mal à pouvoir rester très longtemps dans ces lieux, trop de souvenirs ressurgissant oblige. Enfin, je verrais ça avec le diagnostic de Takebashi, que j'espère pas trop grave...déjà, je ne sens pas d'os cassés, ni de muscles déchirés, ça va, on a vraiment évité le pire, quel soulagement. Un peu plus et je passais encore par la case hôpital, déjà, c'est ça de gagné, mais ce serait vraiment génial, si en plus, je pouvais éviter l'infirmerie. Mais je ne rêve pas trop, avec ma carcasse, une chute et bonjour les hématomes pour quinze jours, et les os cassés au pire des cas, donc je ne crois pas pouvoir éviter le lieu, mais je peux toujours espérer pas vrai ? Comme espérer qu'il ne mette pas trop de temps à m'examiner, car plus ça va, plus je suis mal à l'aise. Montrer mon corps n'est plus quelque chose que je fais aussi librement qu'avant, et même si ce n'est que mon dos, là où je sais qu'à part quelques éraflures à cause d'anciennes chutes passées, il n'y a rien qui pose question, je n'aime pas trop ça, mais tant que ce n'est que mon dos, j'arrive à garder un minimum de calme. Ma respiration est un peu plus hachée que la normale, mais je préfère mettre ça sur le compte du début de crise de panique que j'ai pu refouler. Car même si il n'est pas médecin, et moi pas excessivement bon patient du à ma sale habitude de ne rien dire sur mon état -mon frère témoignera de mon comportement ''exemplaire'' peu après ce qui est arrivé à ma sœur- je crois que si hématome il y a, me connaissant, même un aveugle -sans vouloir t'insulter Nimura- ne peut pas le rater. J'espère juste que mon état n'est rien de très inquiétant...du moins rien d'assez inquiétant pour me retrouver à l'infirmerie, même si ça a l'air d'être peine perdue.

Et bien évidemment, j'aurais du me douter que non, je n'allais pas éviter cette magnifique case qu'était le lieu aux murs blancs puant l'antiseptique. Et encore moins avec le ton de mon camarade. Alors certes, on doit avoir un an et demi de différence, mais j'ai tiqué à cette impression d'avoir beaucoup plus d'écart par rapport à lui. Je ne sais pas si c'est son ton impératif, son calme qui me rappelait celui de ma sœur, ou bien parce que je n'étais pas un modèle de maturité et je le sais, mais je n'arrivais pas à m'empêcher de me sentir rabaissé. Ce n'est pas le bon mot, mais ça me rappelait mes années de primaire lors de ma période à Shizuoka, ainsi que ma dernière année de collège. Je suis le benjamin de ma famille après tout, c'était normal que je suive toujours les directives de mes aînés, mais ça me ramenait à cette période où j'étais toujours ce gosse désemparé, raillé, qui ne pouvait que pleurer sans tenter de se défendre si son frère ou sa sœur n'intervenaient pas au plus vite à la sortie de l'école. Je suis probablement resté ainsi quelque part, même si j'avais promis à mon frère qu'en venant ici, je pourrais arrêter de dépendre d'eux pour tout. Au fond, je n'en ai pas tant envie que ça, de couper le cordon avec ceux que j'aime...enfin, Seïa-onii-chan est une exception, c'est lui qui veut pas couper le cordon avec moi ! Secouant la tête, je vis Takebashi prendre mon fusil, prêt à protester, je me stoppai lorsque je vis son regard s'assombrir. De ce que je savais, il n'aimait pas la violence, alors le fait que mon talent soit en rapport avec une arme, je comprenais, moi même je n'étais pas en phase avec celui-ci, hors ma carrure d'allumette, mais à quoi ça me sert de manier un fusil, si je n'ai pas pu empêcher ma sœur de se faire tirer dessus, passant de quinze à six sur Glasgow ? J'aurais pu ne rien faire que l'issue aurait été égale, voire meilleure, et je le sais.

« Takebashi, soupirai-je avant de le voir tirer une sale tête, Hé ! Ça va aller ? »

Les yeux plissés comme ça, ça ne voulait dire qu'une chose, la douleur. On dirait que lui aussi va devoir se retrouver à l'infirmerie. Les bleus, on dirait pas, mais avec un truc qui est presque plus lourd que moi, sa carrure n'inhibe pas la douleur que le poids va infliger sur la zone touchée. Finalement, je me sens un peu moins seul à ce niveau là, et un peu plus à l'aise, mais pas de beaucoup, il faut dire ce qui est. Enfin, j'ose espérer que ce n'est rien de plu que de simples hématomes dans son cas, mais je ne le saurai pas si il reste couvert. Bien évidemment, c'est le moment qu'il choisit pour se déshabiller, et ça, ça me gêne, de se dire qu'il y en a qui n'ont aucune gêne justement, à dévoiler leur corps. Des bleus, quelques éraflures, des rougeurs, mais surtout, des contusions et ecchymoses qui commencent à se pointer, je les reconnais pour en avoir eu un certain nombre sur mon corps par le passé, comme tout enfant on va dire. Enfin, jamais je n'ose me dévêtir ainsi depuis un moment, même si comme Takebashi, je sais d'où viennent ces marques, et je sais aussi que j'en suis la cause, je n'ai pas envie qu'on me pose des questions à ce sujet, alors j'évite de montrer ça, même l'était de mon camarade n'est pas très joli à voir, il est de bonne constitution, je pense qu'il récupérera rapidement...si seulement ça pouvait lui faire oublier ma présence. Ayant lâché mon haut plus tôt pour qu'il retombe sur mon dos, je remis ma veste, traversé par un frisson désagréable que le changement de température a provoqué, et j'étais prêt à m'éclipser dès qu'il aurait le dos tourné, si jamais je pouvais éviter d'aller à l'infirmerie, tout stratagème était bon à prendre. Mais en voyant son regard autoritaire mais inquiet, j'ai compris que j'étais définitivement fichu. Je connais trop bien ces yeux pour y voir l'angoisse derrière l'autorité, quelque chose d'un peu trop fraternel pour ne pas que ça m'atteigne...tu lui ressembles trop Takebashi...ça fait un mal de chien...

« Pas de questions...même sur l'état de mon dos ? »

Je ne trouvais rien de plus à dire, qui plus est sur un ton plus sec que je ne l'aurais voulu, mais je tentais juste de masquer un débordement d'émotions latent, mes yeux commençaient à s'humidifier dans la douleur, ne sachant plus si la personne en face de moi était mon camarade de classe ou ma sœur. Pas que physiquement ils aient des points communs outre leur forte carrure à tous les deux, mais leur calme olympien, leur inquiétude envers moi en dépit de leur manque d'expressivité...tout est tellement similaire. Je ne me focalise que sur ma respiration pour éviter de craquer, puis les pas deviennent un centre d'intérêt temporaire, fixant le sol, frottant plusieurs fois mes yeux lorsque je sentis quelque chose de liquide glisser trop bas sur mon visage. J'étais déjà bien assez minable comme ça, je n'ai pas envie qu'il me voie m'enfoncer encore plus profondément. Me calmer, c'était tout ce qui importait, même si je ne devais pas écouter mon camarade et faire preuve d'une impolitesse dont je m'excusais d'avance. Je ne voulais pas craquer, pas en public, et encore moins rendre ma compagnie plus désagréable envers quelqu'un qui ne le méritait pas. Ça aurait pourtant dû m'énerver, qu'il me parle comme ça, d'un ton aussi autoritaire, auquel normalement je répondais de manière systématiquement rude, voire grossière, mais lorsque j'ai perçu l'inquiétude de mon camarade, je n'ai pas pu répliquer. Comment répliquer lorsque je reconnaissais en lui tant de choses qui me faisait penser à la personne dont j'étais la plus proche au sein de ma famille ? Je ne m'en suis tout simplement pas senti capable, alors, gardant le silence et la tête baissée, j'espérais secrètement me faire plus petit qu'une souris, invisible, comme ça, je pourrais m'effondrer dans mon coin sans être dérangé par quelqu'un, et sans déranger personne surtout. Je sentis mes yeux s'assécher, et mes épaules arrêter de se secouer. Le soupir de soulagement que je poussai ne put être réprimé, avant qu'il ne se change en agacement lorsque l'infirmerie fit son entrée dans mon champ de vision. J' n'ai qu'une seule chose à dire :

« Quelle plaie... » avais-je marmonné plus pour moi même.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Mer 12 Avr - 21:29

Les lois de la douleur


Hikaru était... pathétique. Et bien ue nombreux seraient les gens qui en riraient, malheureusement, Kaito voulait juste s'agenouiller devant lui et essayer de le réconforter, pour quelque raison qui le chagrine tant. Et, pour être franc, il ne s'en préoccupait pas, car, en soi, ça serait juste de la curiosité mal placé. Alors, il fit ce qu'il pouvait faire de mieux: rester l'individu calme, qui, derrière son masque de pierre, digne héritier des masques de théatres antiques, s'inquiétait avec sincérité de l'état de son camarade.

Il poussa la porte, sans répondre à la question du jeune Tireur d'élite, car il n'est pas le mieux placé dans ce domaine. Il le guida vers l'infirmerie, gardant un oeil sur le jeune homme constamment, d'autant plus qu'il n'aimait pas l'idée d'aller se faire soigner par quelqu'un avec des connaissances médicales largement supérieur au Street Artist. Il nota d'ailleurs semblait se calmer avec le temps, bien qu'à la vue de leur destination, il marmona quelques mots incompréhensibles...

Mais bien que Kaito faisait l'individu solide, il ne faisait surtout que réprimer ses douleurs. Car oui, son corps lui fait étrangement mal. Il fait en sorte que sa douleur n'est pas visible, mais à l'intérieur, une alarme constante est émise des nerfs. Qu'il l'admette ou non, autant chuter a laissé des sequelles notables, des bleus recouvrant une bonne partie de son corps, et en proportion particulièrement importante dans la partie supérieure du corps. Et malgré tout, il garde une allure calme, comme si rien ne se passait. Il prit même le temps de se retourner et de dire:

-Je comprend que tu n'aime pas. Mais il faut y aller.

Alors, Kaito poussa la porte de l'infirmerie, retenant de pousser ne serait qu'une sonorité désignant sa souffrance, et attendit qu'Hikaru daigne entrer. L'intérieur est d'un blanc immaculé. Beaucoup trop aux yeux de l'artiste, qui doit retenir sa volonté de donner des couleurs aux lieux. Que dire à part qu'un abus de blanc pique les yeux? Le jeune s'asseya sur une chaise, et attendit que l'infirmière donne son verdict sur la douloureuse chute de son camarade...

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Sam 22 Avr - 13:11

Quelle douleur est la pire ?


En voyant l'infirmerie, le premier sentiment qui me prit fut le regret. C'est un sentiment qui me prend souvent, je sais, mais là, c'est surtout le regret de ne pas avoir pris ma besace en plus de mon arme -toujours sur le dos de Takebashi- sous prétexte que j'allais effectivement faire la crêpe si je l'avais emmenée. Bon aussi, à ma décharge, je n'avais pas prévu de faire une chute aussi pathétique et d'être incapable de me relever. Mais je pensais que sans ma besace, j'avais moins de chances, ou, comment se tromper lamentablement, mode d'emploi. Enfin, si ce n'était pas pour moi, au moins, j'aurai pu faire quelque chose pour mon camarade, il faut dire ce qui est, son état dépasse le mien vu la quantité de bleus. Seul truc, il n'a pas été passé à tabac, c'est le sol le responsable. Ce qui n'empêche pas que les blessures sont quand même pas si bénignes que ça, et j'en sais quelque chose. C'est pour ça que je regrette de ne pas avoir pris ma besace, connu aussi comme le truc super imposant que je prends avec moi pour aller en cours. Les plus malins auront jugé intéressant de se demander si je n'allais pas être déséquilibré et tomber à cause de ça, et les autres n'en ont rien à faire. Et il y a aussi ceux qui se disent que vu les cours où je vais, et ce que j’emmène, mon sac ne devrait pas être aussi large. Et ils ont raison, de base, j'ai juste une pochette pleine de feuilles volantes, une trousse et les bouquins de cours, soit pas grand chose. Ce qui prend le plus de place dans mes affaires, c'est juste une mallette de premiers secours qui ne m'a jamais quitté depuis que j'ai été scolarisé à Shizuoka. Elle a vécu, ça se voit, mais elle est bien remplie, entre médicaments pour les maux gênants, les bandages, les patchs, les pommades...j'ai aussi de l'éosine, et quelques autres trucs en cas de besoin, soit juste de quoi pouvoir aider les blessés mineurs, mais bien évidemment, c'est quand j'en ai l'utilité que je ne la prends pas, comme le dernier des imbéciles que je suis. Quelle plaie...

La voix de Takebashi me coupa dans mon auto-critique et je dus me faire violence pour ne pas lâcher un rire sombre. Le genre de rire qui transpire l'ironie par tous les pores et qui précède généralement une phrase tellement acide qu'elle te brûle le cerveau. Oui c'était ce rire que je dissimulais en fourrant rageusement mes mains dans mes poches avant de les serrer à plusieurs reprises. J'aurais probablement saigné sans mes mitaines, preuve que ça a pas mal d'utilité. Si ça n'avait pas été lui, je ne me serai pas retenu, mais là, j'avais bien du mal à ne pas lui cracher à la gueule que non il ne comprenait pas. En plus, ce n'était pas sa faute, on se parlait à peine, j'allais sûrement pas lui balancer mon vécu comme ça. Même mon frère ignore certaines choses sur mon compte, c'est pas pour qu'un camarade sache quoi que ce soit. Mais les faits étaient là, il ne pouvait pas comprendre à quel point je commençais à gerber tout lieu lié de près ou de loin au corps médical. Pas que j'ai eu de mauvaises expériences avec le personnel, bien au contraire, mais disons que y aller assez souvent, ça commence à bien faire. Que ce soit en tant que visiteur ou en tant que patient, je crois que j'ai déjà assez visité les lieux pour un bon moment. Manquerait plus que je finisse urgentiste et que j'y passe mes journées. Oui, ça me gave, et au delà, ça me rappelle de très mauvais souvenirs, ce qui fait que j'essaie d'éviter les lieux le plus possible. Mais ça, personne ne peut le savoir, et encore moins mon camarade. Ce qui me touche ne concerne que moi, du coup, désolé de dire ça, mais s'il te plaît, ta compréhension, tu me fais plaisir, et tu te la mets là où je pense parce qu'à moins d'être télépathe, tu ne sais pas pourquoi j'ai une telle lassitude de ce genre de lieux, et une telle crainte d'y aller. Mais fallait quand même que je fasse l'effort, parce que même si je le voulais, je serais incapable de m'occuper de mon dos tout seul. Lâchant donc un soupir agacé, je mis un pied dans ce lieu que je n'avais jamais fréquenté depuis le début de l'année, et poussé par la curiosité naturelle lorsqu'on est dans un nouvel endroit, je fis le contraire de ce que je m'étais prescrit, c'est à dire lever la tête pour regarder les environs. Je savais que c'était une mauvaise idée... je recommençais à me sentir mal. Respirant un peu plus fort, je tirai sur le col de mon T-shirt pour récupérer de l'air.

Il faut que je me calme !
Mais le mal était déjà fait...encore plus lorsque le blanc de ces murs se colore des souvenirs qu'on voudrait éviter.
Calme toi Hikaru !
Une tentative de contrôler sa respiration. La goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Je dois me calmer !
Des yeux agrandis. Un souffle saccadé. Des mots qui n'arrivent pas à sortir.
Reprends toi bon sang !
Des palpitations, proches d'une tachycardie. Poitrine douloureuse. Impression d'étouffer.
Je ne peux pas...pas devant témoins...
Visions floues et bouffées de chaleur. Que de sensations familières...
Je dois faire quelque chose !
Un pas en arrière. Un deuxième. Une tentative de fuite. Échec.
Me calmer...faut que...je ne peux pas...
Vertige en avant. Dos au mur. Un bruit. Une chute.
J'ai peur...j'ai mal...
Postérieur au sol. Larmes aux yeux. Main gauche serrant trop fort le poignet droit.
À l'aide !
Des bourdonnements dans les oreilles. Des souvenirs qui reviennent.
Quelqu'un...vite...
Encore cette peur panique. Encore cette douleur. Encore ce détachement du réel.
Seïa-onii-chan...s'il te plaît...
Encore un échec. Encore cette crise.
Mitsuki-onee-chan...Mitsuki-onee-chan...
Une différence. Deux témoins.
Ne me laissez pas seul !
Une infirmière. Un camarade. Une première.
Par pitié !
Un secret bien gardé. Un secret dévoilé.
Je suis désolé...
Une douleur grandissante. Une peur grandissante.
Je suis un type pathétique...
Un calme parti ailleurs, incapable de revenir.
Et un pathétique petit frère...
Des symptômes qui empiraient. Un long moment qui passait.
Mais...pardonnez moi !
Deux spectateurs. Une impuissance...
S'il vous plaît ! Je...j'ai besoin d'aide !

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Mer 7 Juin - 15:26

Il faut sauver le soldat Hikaru


Quand Kaito entra dans l'infirmerie, il avait un étrange mauvais pressentiment, comme s'il y avait quelque chose qui allait mal se passer, et que, dans son inconscient, une alarme sonnait, signifiant qu'il y aurait un problème dans une courte durée. Un espèce de "sens d'araignée", comme dirait certains, mais qui serait mieux défini comme un instinct, une sensation de problèmes à venir. Mais, sceptique qu'il est, il a ignoré tout ce qui passa par son cranium, et observa la scène de loin, comme à son habitude, la scène qui avait lieu devant ses yeux.

Pourtant, il aurait mieux fait d'écouter ses instincts. Car à peine Hikaru se met à lever les yeux vers la lumière, voilà qu'il part dans un état second. Il respire fort, il fait de l'air avec son T-shirt. Kaito sent qu'il y a quelque chose qui cloche sérieusement. Et avant qu'il puisse s'en rendre compte, voilà qu'il est en train de faire une crise de panique. Il tremble, il étouffe, il brûle, il s'écroule. C'est un spectacle affreux à voir, et Kaito ne sait pas quoi faire du tout: c'est la première fois qu'il voit un événement de cette intensité. Lui-même panique psychologiquement, à la simple question de "que faire?", alors que l'infirmière courre dans tous les sens, perdue. Alors que son camarade semble appeler à l'aide, une seule chose passe dans la tête du jeune homme: le sortir d'ici.

Ni une, ni deux, il prit le tireur d'élite comme on porte un sac de ciment, sur son épaule, et sort vite de la salle médicale, pour, peut-être, apaiser sa souffrance, et ensuite, il le dépose au sol, contre un mur du couloir. Ensuite, il serre ses poignets, pour lui signifier qu'il est là, au-travers des yeux embués de larmes. Il ne sait pas exactement ce qu'il a à faire pour apaiser son esprit, mais il est prêt à presque tout... Sauf à la violence, bien entendu... Même si c'est la seule solution. Il en vient presque à maudire ses pensées, d'ailleurs.

-Hikaru, c'est moi, Kaito! Il n'y a pas de problèmes, je suis là! Tu n'es plus dans l'infirmerie, tu n'as rien à craindre! Je suis là, OK?

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Mer 7 Juin - 16:40

Je veux mourir...


L'horloge tourne. Elle tourne encore et encore sans jamais s'arrêter. Les pages qu'elle tourne et les pages qu'elle va tourner, c'est une destinée à laquelle on ne peut échapper. Il paraît qu'il n'y a rien de plus important que le temps, car il est court et il faut savoir en profiter. Mais s'il ne peut s'arrêter, il devient impossible de justifier cette sensation qu'il s'arrête à cause d'un événement particulier. C'est comme s'arrêter de vivre, comme si plus rien n'existait, que tout était devenu décoloré à la seconde même où le temps a décidé de mettre sur la route de l'existence cette scène qui provoque cette impression d'arrêt. Mais on ne peut pour autant considérer la victime comme morte, puisqu'elle est toujours dans le temps, dans l'espace, mais autour d'elle, tout s'est stoppé, tout ne tourne qu'autour de ce qu'il est possible de nommer un traumatisme. Le temps est très joueur et peut faire semblant de se prolonger, puis mime l'arrêt et reprend sa course comme si de rien n'était. Sa marche, sa course, sa cavale, son parcours, impossible de savoir quelle est la notion de vitesse pour lui. Mais pour les unités, c'est tout autre chose, puisqu'il fût désormais possible de les déterminer. Des trois sœurs, elle est la plus grande, mais aussi la plus rapide. Trois unités bien connues, trois aiguilles, trois fonctions qui les lient comme des sœurs. Et des trois, la trotteuse est la plus rapide, bougeant au rythme des secondes, rythme tantôt effréné, tantôt terriblement lent, elle a pourtant fait quatre-vingt-dix tours bien comptés. Peut être un peu plus, mais pas moins, car dans ces moments, le temps s'est amusé à donner une sensation de ralenti. La trotteuse à tourné quatre-vingt-dix fois, l'aiguille des minutes a fait un tour complet, et un demi tour, tandis que la plus petite qu'a fait qu'un douzième et demi de tour. C'est long pour certains, court pour d'autres, mais lorsque la panique prend le dessus, c'est possible de comparer ça à une torture, comme si l'organe de la vie, le cœur, allait lâcher à la prochaine seconde, avant que le dernier quart d'heure se fasse plus...calme, où le rythme effréné de l'air inspiré et expiré ne le soit plus vraiment. Enfin...

Respire. Inspire. Expire. Ma poitrine me fait mal. Mon cœur me fait mal, mais je suis surtout crevé. Je ressors d'un cauchemar, c'est sûr. Enfin, pas au sens propre, mais pour moi, ça revenait au même. Planquant ma tête dans mes épaules, la baissant au point de toucher mes genoux ramenés contre moi durant ma crise, je tentais de retrouver un souffle normal, laissant mes larmes couler encore un peu. J'en pouvais plus. Moi qui pensais que je m'y serai habitué avec le temps et l'expérience, c'est pas croyable. J'avais l'impression que mes insomnies avaient décidé de me peser après une crise qui a mal choisi son moment pour se pointer. J'ai encore mal, combien de temps ça fait ? Il fallait que je regarde l'heure, mais je ne me sentais pas en état de bouger, ni même de me dire qu'il y avait quelque chose voire quelqu'un dans les environs. Mes paupières s'étaient fermées d'elle même après que ma panique ait décampé, mais j'avais l'impression qu'il me fallait un effort surhumain pour les rouvrir. Je savais très bien que je ne dormirai pas, qu'importe à quel point j'étais actuellement crevé, mais  je ne me sentais pas en état de bouger le moindre muscle, seules mes épaules, qui continuaient de se secouer machinalement, en même temps que mes dernières larmes montraient que je n'étais pas encore devenu une statue. J'ai mal partout, que ce soit physiquement ou mentalement, et je suis fatigué à ces deux niveaux, j'avais de nouveau cette envie qui avait failli me perdre mais que j'éprouvais encore. J'avais promis de ne rien tenter en faveur de cette envie, mais personne ne pouvait m'empêcher de l'éprouver, même encore maintenant. En même temps, même si ça devait se sentir à des kilomètres, je m'étais bien gardé de le dire, refoulant tout et partant m'isoler dès que je sentais que ça allait déborder. Je m'y suis pris trop tard, je sais qu'il y avait Takebashi avec moi, ainsi que l'infirmière, mais après, la crise a tout effacé pour ne laisser que cette pensée que je rendais vocale, comme à chaque fois. C'était la seule chose que j'étais capable de faire tant je me sentais lourd et minable, et encore, même ma voix trahissait mon état, comme si mes mots n'avaient pas suffi.

« Je veux mourir... »

C'est une seconde après que j'ai réalisé ce que je venais de dire. Ou plutôt, je venais de me rappeler que j'étais devant témoin, soit Takebashi. M'immobilisant aussi sec, j'espérais juste avoir parlé assez bas pour ne pas qu'il ne m'ait entendu. C'est vrai, il avait assisté à ma crise, c'était la première fois que ça arrivait. Parce que j'ai été trop lent, parce que j'étais persuadé de pouvoir me calmer, je n'avais rien pu faire lorsqu'elle a surgi. Et lui, comment avait-il réagi ? Je n'en savais rien, et je n'osais pas vraiment le regarder pendant un moment, rien que ça refit partir mon cœur en vitesse affolante. J'avais tout fait pour le cacher et voilà qu'un camarade de classe venait de me découvrir. J'avais peur, encore. Pas au point de refaire une crise, mais je m'angoissais à la pensée qu'il avait tout vu. Je ne savais même pas si j'avais trahi une quelconque pensée par des mots, et je priais pour que ce ne soit pas le cas, mais rien qu'avec ça, il en savait trop. J'avais échoué, dire que même Seïa-onii-chan n'en savait rien, c'était le pire scénario possible, car je ne le connais pas assez pour savoir ce qu'il va faire avec cette information. La pensée qu'il s'amuse à la répandre, ou bien qu'il s'en serve pour me faire chanter me fit trembler de peur, comme si j'allais sombrer à nouveau. Il fallait que je me calme ! Alors certes, c'était une première interaction foireuse avec un camarade de classe, mais il devait y avoir un moyen de rattraper tout ça. Je levais alors la tête difficilement, cherchant d'abord une horloge pour tomber sur un résultat consternant. Plus d'une heure et demie que je suis parti ainsi. C'est l'une de mes plus longues crises de panique, pas étonnant que je sois aussi crevé. D'habitudes, elles durent trois à quatre fois moins de temps et j'arrive à me relever quelques minutes, mais là, rien, je pourrais presque m'évanouir si mon corps prenait cette décision. Puis je laissais mon regard sur le visage de mon camarade que lorsque je sentis que mes poignets n'avaient plus leur liberté de mouvement habituelle. Il était là, encore...une partie de moi voulait le repousser violemment, mais je n'en étais pas capable, et l'autre voulait fondre en larmes dans ses bras. Décidant d'attendre avant de choisir un parti à prendre, je me contentais de baisser la tête à nouveau, en me recroquevillant encore plus sur moi même.

« Takebashi... »

Je n'arrivais pas à dire quoi que ce soit de plus, déjà que j'étais, comme à mon habitude, incapable de parler très fort, mes idées n'étaient plus cohérentes pour un sou. Takebashi avait beau ne pas être méchant, je n'avais pas envie qu'il parle de ça à quiconque. Si jamais ça remontait aux oreilles de mon frère, j'allais juste réussir à l'inquiéter encore plus qu'il ne l'est déjà, et je ne pouvais pas me le permettre, pas après tout ce qu'il a traversé à cause de moi, et tout ce qu'il a fait pour moi. Je tentais alors de dégager mes poignets, pour penser à autre chose. Il ne me faisait pas mal, mais j'étais encore plus mal à l'aise de savoir qu'il me tenait ainsi. Mon seul espoir était que mes mitaines l'empêchent de détecter quoi que ce soit, alors même si je tentais doucement de me dégager de cette prise, je faisais quand même vachement gaffe à ce que ses mains ne se trouvent pas en dessous de mes mitaines, surtout la droite. Mais j'arrêtais au bout de quelques secondes, trop fatigué. Je ne faisais pas le poids face à lui de toute façon, et je n'avais aucune envie de lutter plus longtemps. C'était déjà un assez rude combat que de garder les yeux ouvert et ma conscience, en plus d'essayer de trier mes idées pour qu'elles forment un tout cohérent, je n'avais pas envie d'en rajouter. Ma respiration était bien plus calme, mes yeux, rouges mais secs même si on voyait que j'avais pleuré il y a peu, mais toujours aussi fatigué, j'ai même l'impression que je ne pourrai jamais me relever. Sûrement que je vais trop loin, mais je n'avais pas envie de penser à ça, à cette crise, à Takebashi qui a tout vu, et à une quelconque méthode pour qu'il garde le silence. Un témoin était déjà trop, et si je pouvais lui faire oublier ça, je sauterai sur l'occasion. Mais les miracles n'existent pas, je sais, ce qui n'empêche pas que la priorité est de stopper les inquiétudes de mon camarade, peut-être pour qu'il oublie plus facilement ce qui s'est déroulé sous ses yeux. Et pour cela, je devais couper court au sujet, répondant d'emblée à la question que je voyais arriver de loin.

« Ce...ce n'est rien de grave...promis...juste...oublie ça s'il te plaît... »

Trop fatigué pour ne pas dire des trucs contradictoires, je ne voulais vraiment pas qu'il me fasse passer un interrogatoire. Je ne pus cependant m'empêcher de lui lancer un regard pour guetter sa réaction, mais je stoppai bien vite le contact lorsque ma vision s'embua encore de larmes.  Me refermant encore plus, je devais me retenir pour ne pas sombrer dans la deuxième option, dont mes émotions avaient décidé de prendre le parti.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 9 Juin - 15:06

Gagner la confiance?


Kaito restait au chevet de Hikaru, tout ce temps, veillant à ce que son camarade aille bien. Il entendait que sa respiration semblait lui être difficile, il pouvait presque entendre les battements du coeur fou du tireur d'élite, les larmes coulants dans un torrent transparent lui laissaient penser qu'il a eu une expérience traumatique avec l'univers médical. Mais il décide qu'il ne demandera rien s'il revenait à ses sens, quoi qu'il se passe. Après tout, ce n'est pas son rôle d'en apprendre plus sur les autres. Ca serait le rôle de cet Alice, qu'il n'a pas arrêté de rencontrer dans les couloirs. Il devait surtout s'inquiéter de l'état de ce qu'il peut considérer comme "son ami".

C'est alors qu'il murmura ces mots. "Je veux mourir". Il s'arrêta sur le coup, immobile tel l'arbre face au vent. Il venait d'entendre son ami souhaiter le suicide. S'il n'était pas vigoureusement anti-violence, il aurait donné une claque sans aucun précédent, mais il se retint. Sa seule réaction, en fait, fut de serrer les mains au niveau du poignet plus fort encore. Il ne voulait pas qu'il meure, parce que personne ne le mérite, à ses yeux, pas même le criminel le plus horrible que l'humanité aurait pu créer. Et Hikaru n'était une exception à la règle: s'il venait à tenter le suicide, Kaito serait là pour l'en empêcher, coûte que coûte, même si cela implique le plus grand des sacrifices

Apparemment, le jeune camarade venait de se rendre compte qu'il parlait en public, et s'immobilisa, comme s'il venait de révéler un affreux secret. Ce qu'en soit, il a fait. Il se perdait dans ses pensées, pendant que le jeune artiste, lui, se demandait ce qu'il allait faire. Déjà, il n'allait pas chercher à s'intéresser à son histoire. Ceci a été établi. Mais que va-t-il faire, alors que Hikaru semble épuisé par sa crise? La seule solution qu'il voit, c'est de le rammener par lui-même à sa chambre. Et quand il prononça son nom de famille, son esprit avait déjà pris sa décision.

Il affirmait que ce n'était pas grave, sûrement dû au fait qu'il craigne que Kaito utiliserait cela à mauvais escient. C'est mal connaître le street artist. Il sait que ce qu'il a vu n'est pas bénin, et il sait qu'utiliser ce genre de choses pour le mal est affreux. Alors, il fallait qu'il lui prouve qu'il pouvait lui faire confiance. Pour cela, il le prit et le porta sur son dos, comme on porte un enfant. Puis, il marcha d'un pas calme et assuré, sans regarder les autres, qui lancerent des yeux surpris, circonspects, voire accusateurs. Mais que sont les regards des autres, si ce n'est le miroir d'une société? Une action presque fraternelle entre deux jeunes hommes est vu soit comme un absurde coming-out, soit, de manière moindre, un signe de culpabilité. Est-ce trop difficile de se dire qu'il veut juste aider? Enfin, ils arrivent dans le couloir des dortoirs, et sans se retourner, Kaito posa une énième question:

-On garde ça entre nous?


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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 9 Juin - 18:39

Moment de gêne...


Je n'osais définitivement pas regarder mon camarade après ce qui venait de se passer. Encore plus apeuré qu'un enfant qui aurait fait une grosse bêtise devant un parent violent, tout mon corps tremblait, à cause de l'appréhension et de la fatigue. Je m'en voulais d'avoir l'air aussi ridicule devant Takebashi, mais je craignais trop ce qu'il allait me dire. Ou ne pas me dire justement. D'après ma sœur, l'important n'est jamais ce qui est dit, mais bien ce qui est passé sous silence. Je ne savais donc pas si je devais craindre ses mots ou son silence, et à défaut, j'avais choisi de craindre les deux. Une décision de pleutre, mais je préférais craindre, que craquer une nouvelle fois devant lui, j'en avais assez fait. Au moins, la crainte me permettait de rester immobile, malgré les tremblements de mon corps. Ça me créait une protection, aussi faible puisse-t-elle être, face à un camarade qui était trop calme pour ne pas me blesser. Certes, c'était quelque chose censé me calmer à mon tour, mais je sentais que ma faiblesse allait reprendre le dessus, ce qui me poussa à me prendre d'une passion plus que soudaine à l'égard de ma respiration, que je voulais calme et régulière. Presque normale oui, histoire qu'il arrête de s'en faire, ce qui serait déjà un progrès. Si je pouvais voir plus loin ça m'arrangerait, mais je savais très bien qu'il fallait que je me concentre sur des petites choses, et une seule chose à la fois, vu mon état. Je profitais donc de l'instant de silence qui régnait pour tenter d'avoir l'air moins en panique, et pour ressembler un peu plus à un gars de mon âge qu'à un agneau nouveau-né face au loup affamé. Calme toi Hikaru. J'arrêtais pas de me répéter ça mentalement depuis que j'avais repris mes esprits, culpabilisant encore à l'idée d'avoir fait paniquer un camarade. Je ne repartirai pas, mais je refusais de l'inquiéter encore plus. Seulement, mentir m'était quelque chose de difficile à la base, alors là, pas besoin d'être un génie pour me douter que je n'arriverais pas à le duper. Il fallait que je trouve autre chose si je voulais enterrer ces événements et ce sujet au plus profond possible.

Essayer de penser correctement commençait à me vriller le crâne, mais si je ne le faisais pas, je perdrais le contrôle de moi encore une fois, et j'avais déjà établi le fait que je devais stabiliser mon état émotionnel au plus vite. Cependant, je n'étais pas d'accord avec moi même en arrêtant pas d'y repenser, même si je sais qu'il fallait que j'arrête afin de m'agiter mentalement. C'était fou ça, j'avais du mal à penser de manière raisonnée, mais lorsque mes émotions prenaient le dessus, ça tournait à plein régime. Je ne voulais même pas l'appeler encore une fois à cause de son silence qui me tordait le ventre. Autre désaccord, je voulais qu'il garde le silence, mais j'étais de plus en plus mal à l'aise de ne pas l'entendre parler. Certes ce n'était pas son genre, je lui concédais, sauf que ça m'inquiétait encore plus. Parce que je gardais la tête baissée, je ne pouvais pas le regarder, et donc je ne pouvais pas savoir ce qu'il pensait réellement. Jusque là, il n'avait pas été méchant, mais je craignais quand même sa curiosité, où le fait que son inquiétude soit si grande qu'il décide d'en parler à un adulte. Je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer toutes sortes de possibilités, et je m'en voulais. Peut être qu'il n'était pas comme ça, et au fond, je l'espérais, mais il n'y avait que trop peu de chances pour que ça arrive, donc je ne tenais pas à me faire d'illusions, pas si c'est pour être blessé à nouveau. Plus. Je ne tenais plus à ce que ça se produise, donc je préférais être pessimiste, comme ça, je n'étais pas trop choqué lorsqu'un scénario horrible se présentait, et puis si jamais quelque chose de bien se produisait quand je ne m'y attendais pas, je le prenais encore mieux. Réduit donc à l'incapacité d'imaginer une issue qui me serait favorable, je préférais m'attendre au pire et m'y préparer mentalement...même si à ce niveau là, je savais que je ne tiendrais pas vraiment le coup, enfin juste un peu peut être, je ne m'attendais pas à grand chose venant de moi non plus, pathétique comme je suis.

« Hein ?! »

Ça, c'est moi qui manque presque de hurler de surprise lorsque je me retrouve sans l'avoir trop réalisé, sur le dos de mon camarade. Bon bah j'ai pris dix ans de moins dans les dents et je ne sais pas comment réagir à part avec surprise. Coincé dans ma crainte, je ne l'avais pas vu venir donc la question de comment le prendre se posait. C'était un peu des deux, parce que d'une partie, je le prenais bien, ça voulait dire qu'il n'avait pas de mauvaises intentions, mais de l'autre, je me sentais quand même assez rabaissé. Enfin, c'était mieux ça que de rester cloué au sol pendant encore un temps indéterminé mais sûrement long. Je m'accrochais donc à ses épaules pour lui signaler que ça allait mieux et que j'étais bien là, même si j'étais embarrassé. Pas par les regards des autres non, ça, je m'en foutais, mais me faire porter comme ça était gênant, peut être qu'il me voyait juste comme ça, et ça me vexait. Je ne suis pas si gamin je crois, même si je prouvais le contraire en enfonçant mon visage dans ses vêtements, priant pour qu'il ne m'en veuille pas de l'avoir utilisé comme mouchoir, mais là, ce n'était pas de refus, car ça commençait à me gêner tout ce sel sur mon visage. C'est après ça que je me mis enfin à regarder autour de moi, me rendant enfin compte de où il m'emmenait, ma chambre, celle tout au fond du couloir du premier étage. Je n'étais pas dans un tel état, mais c'est vrai que me passer de l'eau sur le visage me ferait du bien. Peut-être que ça me rafraîchirait aussi les idées, et j'en avais bien besoin. Même si là, je n'avais qu'une envie : m'assoupir sur l'épaule de mon camarade qui était confortable malgré tout. J'étais crevé, et je commençais à me sentir mieux, plus apaisé. Un peu vexé malgré tout, ça me rappelait quand Seïa-onii-chan me faisait la même chose, parce que je tombais souvent. À vrai dire, huit chutes sur dix étaient intentionnelles pour pouvoir l'embêter alors qu'il était sans défense. J'arrêtai que lorsqu'il me menaçait de chute, mais hors de question de faire ça à mon camarade, qui me posa une question imprévue, ma réponse, elle, était prévisible...

« Oui...s'il te plaît... »

Je n'arrivais pas à aller au delà du murmure, mais la résonance faisait le travail tandis que je posais ma tête un peu plus confortablement sur l'épaule de mon camarade, qui risquait vite de faire office d'oreiller. À dire vrai, Takebashi serait presque aussi confortable si ses muscles n'étaient pas aussi noués...aussi noués...bordel j'avais complètement oublié !! Je me planquais à nouveau dans son haut, rouge de honte et désireux soudainement de regagner la terre ferme. Ma fatigue envolée au profit de la gêne, je venais de me rappeler qu'on s'était rencontré au gymnase, alors qu'il était encore tombé, cette fois par ma faute. J'ai même pu voir ses blessures, et à cause de ma crise de panique, il n'avait pas pu avoir les soins nécessaires ! Quel boulet je fais ! Encore heureux qu'il ne soit pas en mesure de voir mon visage, car là, ma seule envie est celle de me cacher au fond d'un trou de souris, et j'estimais avoir de bonnes raisons pour. Et puis au moins, ça me donnera l'occasion de le remercier d'avoir été là pour moi, car rien que l'idée d'avoir une dette envers quelqu'un m'était insupportable, truc que toute ma famille a en commun. Resserrant ma prise sur son haut que je commençais sérieusement à froisser, je bénissais l'absence d'une montagne de gens dans les environs, pas de peur que la situation ne paraisse trop ambiguë, mais par peur d'en profiter plus que ce que je devrais. Je veux dire, il est blessé, et même si je suis une brindille, je dois sûrement appuyer sur ses hématomes vu que je ne les ai pas tous localisés et qu'ils sont nombreux. Maintenant je veux me taper la tête contre un mur pour avoir été aussi débile ! Bon, première chose à faire, reprendre son calme. Deuxième chose, essayer de formuler un truc construit sans balbutier. Première tentative, un échec. Je ne suis pas allé plus loin que le premier mot dès que j'ai senti que je butais. Deuxième tentative, autre échec, moi même ne comprends pas ce que je dis. Troisième tentative, pas une franche réussite, mais on a connu pire, donc je me permis de continuer.

« Tu...tes...ça va aller ? »

Et je n'ai pas été foutu d'aller plus loin...vivement que je me reprenne bon sang !

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Jeu 15 Juin - 13:33

Ne t'inquiète pas pour moi


Kaito avait porté Hikaru dans toute l'école, sur le même dos que celui qui avait chuté tant de fois. Le poids de son camarade sur ses muscles, sur ses os, réveillait la douleur. Mais il endurait. Il ne voulait pas laisser tomber. Il avait peut-être trop de fierté pour cela, mais une chose était sûre: Kaito n'avait aucune envie de voir son camarade dans cet état à nouveau. Il ne pouvait pas le permettre. Alors, il le soutenait, ignorant la douleur qui le tiraillait, parce qu'il ne devait se montrer faible. S'il faisait ça, se disait-il, comment pourrait-il clamer qu'il veuille l'aider?

Le jeune tireur était d'accord pour que l'incident reste entre eux deux. Il se doutait qu'il allait dire ça, mais il tenait à le lui demander quand même, pour s'assurer que tout allait bien, et prouver qu'il est digne de confiance. Mais, en un instant, il sentit se camarade se replier sur lui-même. Il a dû ressentir que ses muscles étaient noués, le faisant stresser inutilement pour son cas. Il devra lui montrer qu'il n'a pas à s'inquiéter, avant toute chose, en particulier quand on entend sa voix nouée, qui démontre qu'il se pose des questions sur son état...

Il le déposa devant sa porte de chambre, doucement, comme pour ne pas le brusquer. Il ne voulait aucun détail de la balade sur son dos. Puis, il se tournait dans la direction de sa chambre. Avant de partir, il massait un peu ses muscles du bras. Il savait que ce n'était pas la direction de l'infirmerie, plus loin, mais il refusait de s'y rendre: il paraîtrait faible. Puis, il tourna son visage, pour qu'il soit un peu de profil, et dit ces mots à Hikaru, d'une voix calme, assuré et essayant du mieux qu'il peut d'être rassurante:

-Ne t'inquiète pas pour moi

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Lun 19 Juin - 15:27

Je ne m'inquiète pas du tout ! Baka...


Regagner le sol provoquait en moi une impression assez curieuse. Un peu comme si je n'avais pas été sur terre depuis très longtemps, alors que ça devait faire vingt minutes à tout casser. L'académie était grande, mais ne faisait pas des centaines de kilomètres non plus, parce qu'à ce rythme là, ce serait une mini-ville. Une mini-ville dans une grande ville comme Tokyo, ce serait quand même étrange, on est censés être des ''élites'' ce qui est certes rare, mais pas au point de faire comme avec des espèces en voie d'extinction. Même si ça avait été le cas il y a des années de cela, maintenant, tout le monde essaie de tourner la page, et d'aller de l'avant avec espoir. Un bien grand mot et un concept que j'avais bien du mal à voir comme autre chose qu'une chimère. Et je n'avais pas envie de me pencher plus longtemps sur le sujet, puisque je devais me réhabituer à mes jambes. Même si l'atterrissage avait été fait sans brusquerie par Takebashi, lorsque je fus sur mes mollets de poule, je sentis de suite qu'ils portaient bien l'appellation que je leur avais donné. Déjà, des mollets de poule, c'est pas des mollets très épais, et je devais admettre qu'à ce moment là, je me demandais sérieusement si je n'avais pas perdu plus de poids qu'escompté. En avoir perdu, je me suis rendu à l'évidence, sans mon frère pour me coller aux basques, j'avais souvent tendance à oublier d'aller à la cafétéria...ce qui est faux. J'y vais juste quand la queue n'est pas de plusieurs mètres, et il ne reste pas grand chose dans ces cas là je l'admets. Et c'est vrai que quand le besoin ne s'en faisait pas sentir, je me négligeais énormément, comme pour compenser les derniers mois où mon frère s'était acharné à me rendre un peu moins...on va dire cadavérique, vu le sale état dans lequel j'étais à l'époque. Peut être que je profitais trop de ma liberté de mouvements, ou peut être que j'y pensais trop, à vrai dire, je dirai un peu des deux. Pas facile d'avoir des idées aussi sombres que mes cernes parfois.

Le problème avec mes jambes, c'était qu'elles tremblaient pas mal, presque incapable de soutenir le reste de mon corps qui pourtant, n'en menait pas large non plus. Le mur fut alors mon meilleur allié pour ne pas faire la crêpe une fois de plus, je préférais les manger plutôt que la faire, un peu comme tout le monde je pense. Main droite posée au mur, je laissai le temps à mon équilibre de revenir, en revenant au sujet principal, les bleus de mon camarade. Au bas mot, je dirai qu'il en a une trentaine et ils sont moyens, reste à voir si ce sont des hématomes ou des ecchymoses. De là où j'étais, et malgré ma bonne vision, je n'ai pas pu faire une distinction super claire, et si ce sont des contusions, là aussi, le traitement est différent, et je parle en spécialiste de la matière. Spécialiste aussi bien à soigner ce genre de blessures...qu'à m'en faire bien évidemment. Au début je m'occupais de ce genre de blessures, puis j'ai fini par continuer, mais sur moi, et rien que ça me rappelait mon dos, ravivant le souvenir de ma mauvaise chute. Me retenant de masser l'endroit endolori, je mis mon autre main dans ma poche pour ne plus y penser, préférant attendre la réponse de Takebashi. Après m'avoir déposé, il se releva, et je tentai alors de balbutier des remerciements, mais comme attendu de mes cordes vocales, elle avaient décidé de se mettre hors service. Ça ne va pas se passer comme ça plus longtemps. Je baillai un bon coup, mettant bien évidemment, la main devant la bouche, celle fourrée dans ma poche. Impoli, mais toujours efficace pour aérer l'intérieur de ma tête et peut être dépoussiérer l'organe que je cherchai à solliciter. Maintenant, on va retirer ce qui reste en s'éclaircissant bien la gorge et elles vont se remettre en marche. Je fais toujours ça, donc aucune raison que ça échoue cette fois. Et je pus compter sur le succès de l'opération vu que je me sentis enfin plus apte à parler après avoir passé la main sur ma gorge, un peu moins nouée. Maintenant, c'était l'heure de vérité sur la question, vais-je réussir à formuler une phrase cohérente sans buter sur aucun mot ?

« Merci Takebashi. »

Je savourai cette victoire, même si ce n'était qu'un ridicule murmure, j'avais réussi à parler sans trop de problème. Et même ci c'était juste deux mots, c'était toujours ça. Car il est important de commencer petit pour atteindre des buts plus élevés. Oui bon, je me dis surtout ça en croyant que je vais arriver à quelque chose alors que je sais que ce ne sera jamais le cas. De l'ironie donc. Mais ça n'empêchait pas le fait que j'étais fier de moi pour avoir enfin réussi à paraître plus calme. Quand je disais que cette journée était placée sous le signe de l'exploit, je ne le pensais pas à moitié. Il y a aussi l'exploit négatif d'avoir fait une crise de panique devant un camarade mais encore une fois, je préférais écarter ce sujet plus qu'épineux. Si c'était juste épineux, je pourrais y arriver, mais à coté de ça, l'épine me ferait bien rire, d'un rire jaune évidemment, tellement c'est pas douloureux. Et enfin, j'eus droit à la réponse type de Takebahsi. Venant de lui, je n'allais pas m'attendre qu'il avoue que ça faisait mal, surtout avec mon erreur, mais je m'y connaissais assez pour savoir qu'il ne faisait que planquer la vérité avec le plus grand des calmes. Et dans ces cas là, même si l'intention première est de me rassurer, ça a un peu l'effet inverse. Mais juste un peu, c'est pas du tout comme si je m'inquiétais véritablement pour lui...du moins pas à ce point. Je veux dire...il a une meilleure carrure, plus de muscles, des os plus solides...rien qui devrait m'affoler, ce n'était pas quelques bleus qui vont le tuer. Comparé à moi, il peut dire qu'il va bien. Non franchement je ne m'en fais pas du tout pour lui ! Mais vraiment pas tant que ça...ce qu'il faut quoi. Il en a beaucoup quand même, il faut bien s'en occuper, et puis en plus il ne va même pas à l'infirmerie ! Encore une crainte stupide de paraître faible alors que c'est moi qui devrais mourir de honte entre nous soit dit ! Et ce n'est pas de la crainte, juste de l'énervement parce qu'il me ment, voilà tout ! Faudrait quand même pas que certains s'imaginent des choses !

Et puis il veut s'occuper de lui tout seul, mais grand bien lui fasse. Sauf que s'il fait les mauvais gestes sans savoir quelle est la vraie nature de ses bleus il va juste empirer la situation ! Si c'est juste des contusions, ça passe encore, mais je me doute que ce soit juste ça. C'est un grand malade ce gars, un imbécile qui ne sait même pas s'occuper de son outil de travail le plus important, son corps ! Ça m'énerve, ça m'énerve et ça m'énerve ! Et s'il veut pas voir Siaka-sensei, je vais m'occuper de son cas ça va être vite réglé ! Hors de question de lui passer la pommade, je vais juste lui passer quelques trucs et c'est indiscutable ! Qu'il considère ça comme un remboursement de ma dette. S'il ne veut pas que je m'inquiète pour lui, il n'avait qu'à pas s'en faire pour moi et c'est tout ! Maintenant, il est gentil, il assume et il va me suivre bien gentiment vu que ça prendra que cinq minutes ! Et puis c'est pas du tout comme si j'appréciais sa compagnie, il est si silencieux, trop calme, je ne vois aucune raison de vouloir rester avec lui longtemps, c'est clairement pas comme si je ne voulais pas être seul tout de suite, je tiens à le préciser ! L'aider ne me fait pas plaisir, mais il faut que quelqu'un s'y colle et je suis là, je ne rejette pas les devoirs qui me sont donnés point barre fin de l'histoire ! Et c'est pas lui qui va assurer, en se massant, il fait juste l'inverse de son but, empirant donc la situation au lieu de l'améliorer, je n'y peux rien s'il n'y connaît rien pour quelqu'un qui aurait dû être habitué à ça. Non mais franchement il pourrait faire gaffe à ne pas donner trop de travail aux gens autour de lui, c'est eux après qui réparent les pots cassés, l'attention n'a jamais tué personne que je sache ! Non je ne rame pas ! Qu'on arrête de se faire des idées ! J'expose juste des raisons logiques pour expliquer le fait que je tente de garder mon calme pour ne pas emmener mon camarade dans ma chambre, ce n'est quand même pas compliqué à comprendre !

« Idiot de Takebashi ! Criai-je malgré moi en commençant à bouger les bras dans tous les sens, si tu masses tes bleus ils vont pas s'arranger ! »

Je commençais à me rapprocher de lui et à le prendre par le bout de la manche de son haut. Me mettant dos à lui pour le conduire à ma chambre, j'y voyais aussi l'utilité de cacher mon embarras.

« Viens, dis-je d'un ton plus gêné que ferme, j'ai de quoi m'occuper de tes blessures, je peux te passer deux-trois trucs. »

Gêne en augmentation, je commençais à tenter de l'emmener, et il faut quand même que je précise !

« Et ne crois pas que c'est parce que je m'inquiète pour toi, ou que je ne veux pas que tu me laisses seul ou autre chose du genre ! M'exclamai-je avant de lâcher d'une voix faible, abruti... »

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression d'être un cliché pile à ce moment là ?
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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Jeu 22 Juin - 17:44

... Merci de t'inquiéter


En massant son bras, Kaito pouvait ressentir les noeuds, la douleur qu'il s'est infligé dans son entrainement, la couleur bleuté qu'avait pris ses membres meurtris. Mais, dans un effort de ne pas paraître fébrile, il gardait la douleur en lui. Il ne pouvait pas se permettre de paraître faible, surtout que c'est Hikaru, le seul témoin. Et, pour être franc, il ne le connait pas assez pour savoir s'il garderait le silence sur son état. Et puis, il n'allait pas souffrir pour quelques bleus... Non? Mais, au moment de partir, il ressentit quelque chose tirer sur la manche de sa tenue... Enfin, plutôt quelqu'un.

Il se retourna pour voir Hikaru qui s'aggripe à lui, le regard inquiet, l'appelant "idiot", et disant que son geste était nocif. Il ne pouvait s'empêcher de le regarder s'énerver contre lui, essayant de le tirer en arrière malgré la différence de stature. Il semblait, par ailleurs, chercher à cacher son visage, alors qu'il lui demandait de le suivre, en clamant qu'il avait de quoi le soigner. Puis, il lui précisa qu'il ne s'inquiétait pas pour lui. Mais voyons, et le fait que tu caches ton visage, c'est pour le plaisir? Mais le Street Artist ne pouvait pas être en colère contre lui. Il était même... Soulagé, de voir ça de sa part. Si bien, par ailleurs, qu'il se retourna, et tapota sa tête gentiment, comme le ferait un frère.

-Merci de t'inquiéter.

Pour l'une des rares fois de sa vie, il sourit, d'un sourire sincère et fraternel, une figure qui détendait ses traits sérieux qu'il arborait presque constamment. Il semblait... Un peu plus en paix, comme cela. Suite à cela, il suivit son camarade vers la porte de sa chambre, donnant un regarde dans les couloirs pour s'assurer qu'ils soient seuls: il ne manquerait plus qu'une personne utilise la situation pour supposer des bétises, après tout.

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Dim 25 Juin - 14:45

C'est normal...enfin...


J'ai l'air ridicule je sais. En même temps, de quoi je pouvais bien avoir l'air alors que moi, le gringalet de service avec une force d'allumette, tentait de tirer un gars qui a été capable de me soulever avec une facilité déconcertante...enfin pas tant que ça. Tout ça pour dire que la différence de stature rendait la tâche difficile et me rendait plus ridicule que je ne l'étais déjà...sérieux Takebashi, tu sais que tu n'avais pas à être aussi costaud, tu pouvais aisément t'en passer. Tu me diras, je n'avais pas besoin d'être une brindille mais depuis mon plus jeune âge, j'ai jamais été quelqu'un de bien costaud. Certes, j'avais pas une mauvaise constitution, mais disons que mon poids était plus souvent inférieur que supérieur à la moyenne. Bon il paraît aussi que c'était dû au fait que j'étais un gosse qu'il était difficile de nourrir, ce que je réfute catégoriquement. Si c'était sucré ça passait sans aucun problème, après, je veux bien reconnaître que pour me donner autre chose, c'était sûrement une bataille, mais de là à dire que j'étais une telle calamité, c'est beaucoup. Mais suffisait de me donner du sucre et je mangeais volontiers, problème, il paraît que c'était pas très sain pour mon corps et que je devais manger autre chose, soit des trucs avec des nutriments dits ''sains'' auquel cas je ne grandirai pas. Qu'ils regardent le résultat, je fais presque la même taille que le camarade que je tente d'emmener à ma chambre, comme quoi je n'avais pas vraiment besoin de leurs trucs pour forger ma constitution, raison pour laquelle je ne buvais pas de lait. Ni ne consommais de produits laitiers. Et peu friand des sorties...et d'autres choses qui font que c'est peut être la raison derrière la grande fragilité de mes os. Ma foi, si on écoutait tous leurs conseils pour être en bonne santé, on ne s'en sortirait plus, surtout avec cette fâcheuse tendance qu'est la leur de dire tout et leur contraire, enfin, c'est pas pour ça que je devrais me laisser aller dans mon alimentation, déjà que si témoin il y avait, je suis certain de me prendre une moquerie, et si jamais j'étais témoin de ce genre de situation, je poufferais de rire...puis j'irai aider le camarade en difficulté.

Et non ce n'est pas par gentillesse, c'est uniquement parce que je sais ce que ça fait, et parce que comme ça, il arrête d'être ridicule, même si ça impliquerait que je le sois aussi. Enfin, le ridicule ne tue pas, auquel cas mon frère serait mort depuis belle lurette, idiot comme il est. Et si le ridicule tuait, pas je serai mort aussi depuis un moment...mais je défie quiconque de me dire qu'il n'a jamais été exposé au ridicule, je ne le croirai pas tellement le mensonge serait gros et mauvais. C'est pas moi qui va le proférer pour sûr, mais peut être que Takebashi pourrait coopérer pour me rendre moins ridicule parce qu'en plus, je ne prends même pas la peine de regarder si vraiment, il y a des gens dans les environs. Je suis trop occupé à baisser mon visage qui vire au rouge, et je le sais parce que j'ai sacrément chaud à ce niveau là. Bah oui, déjà que je ne suis pas dans la meilleure des situations, qui peut être même ambiguë pour les esprits les plus mal placés, si quelqu'un voit comme je suis rouge, même les plus sensés seront tenté de croire qu'il y a autre chose que juste un camarade qui veut en aider un autre. C'est les fâcheuses tendances de nos jours, de vouloir caser tout le monde et n'importe qui, même des gens qui n'auraient rien à faire ensemble. Par exemple, si on prend mon cas et celui de Nakagawa, aucune chance qu'on puisse ne serait-ce que s'allier pour un but commun. Avec moi du coté de la police, elle et sa famille de mafieux, c'est juste incompatible, et encore, si jamais je survis au jour ou on viendrait à se parler. Déjà, si je survis, ce serait un miracle et je crois que la chance m'aura béni, mais si en plus je parvenais à trouver un terrain d'entente avec elle, je ne me reconnaîtrai plus ou sinon, elle m'aura bien convaincue, à moins qu'on ait un but tellement similaire et qu'on soit vraiment désireux de l'atteindre qu'on s'allie mais ça doit avoir très peu de chances d'arriver, pour ne pas dire aucune. C'est Nakagawa quand même, déjà que cette fille n'est pas un cadeau en cours, je préfère éviter de trop la côtoyer. Je suis peut être suicidaire et dépressif, mais je ne suis pas masochiste !

J'aurai pu parler encore longtemps des différences clivant ma camarade et moi, mais un contact coupa net mes pensées, c'est à dire Takebashi qui me tapotait sur la tête, autrement dit, il me faisait un atama-pon. Déjà que mon visage avait pris plus de couleurs que si j'étais sur une plage d'Okinawa en plein été sans crème solaire, je me demande vraiment comment j'ai fait pour devenir encore plus rouge. C'est sûr qu'à coté de moi, les tomates elles font pâle figure. Puis passé cette intense gêne, je ne pus m'empêcher de faire un sourire enfantin malgré moi. Qu'on ne se méprenne pas, ce n'est pas DU TOUT parce que j'apprécie Takebashi et ENCORE MOINS son geste, c'est juste que le contact est apaisant et que ça me rappelle ma sœur qui m'en faisait souvent lorsque je m'inquiétais pour elle ou que j'étais triste ou que j'avais fait quelque chose de bien. En vrai, je la soupçonne d'aimer me faire ça tout comme j'aime quand elle m'en fait...mais ce n'est pas pareil avec lui ! C'est juste un camarade après tout, c'est pas comme si on était amis ou quelque chose du genre, c'est vraiment la première fois qu'on interagit en dehors des formules de politesses, et je ne faisais attention à lui que parce que je me pose toujours au fond de la classe. En même temps je peux me le permettre, j'ai des yeux plus que bons, donc ceux qui ont du mal, je les laisse devant me couvrir pendant que je fais tout sauf écouter le cours. Enfin je faisais ça avant d'entrer à l'académie, mais vu qu'on a une certaine liberté, je ne prends pas la peine de me pointer aux cours qui ne m'intéressent pas. Mais retour à la réalité lorsqu'il se mit à me répondre, il était tellement...fraternel, je dus même me retenir pour ne pas foncer dans ses bras tant j'en avais envie. J'osais alors enfin lever mon regard vers lui, avant de lui exposer un sourire pas aussi grand que ceux d'avant, mais assez pour lui montrer ma joie et mon soulagement. Faut pas dire, mais j'avais peur qu'il rejette mon aide quand même.

« C'est norma... »

Je m'interrompis aussitôt en réalisant la contradiction que j'étais en train de proférer, et baissai mon visage en le sentant redevenir rouge.

« Je veux dire...ce...ce n'est pas ça du tout...c'est juste que...enfin...viens ! »

Bravo Hikaru, t'es tellement doué que tu n’arrives même pas à faire une phrase correcte sans bafouiller juste parce que t'es un gros débutant en mensonge. Enfin ce n'est pas un mensonge, c'est juste que...bordel c'est gênant comme situation, à croire que je suis gentil alors que ce n'est pas tant que ça le cas, clairement. Du coup tout au long du peu de trajet qu'il y avait à faire, je gardai le silence, trop gêné pour parler de manière cohérente. C'est donc pour ça que je fus d'une rare maladresse à ouvrir ma chambre, me décalant pour que Takebashi passe en premier, avant de prendre sa suite pour fermer sa porte. Pour ainsi dire, ma chambre n'était pas vraiment décorée, je l'avais juste laissée telle qu'elle était en posant juste mes affaire dans les endroits prévus à cet effet. Bon, il y a quand même ma besace sur la chaise, quand je ne vais pas en cours, et une photo de ma famille sur le bureau. Je l'ai regardé assez de fois pour savoir ce qu'il y a, soit nos pères, moi dans les bras de ma sœur à tirer une belle grimace à mon frère qui était pourtant si content d'avoir sa cadette sur ses genoux. Pour se venger, il m'a fait des oreilles d'âne. On s'est bien disputés ce jour là, et sans Mitsuki-onee-chan, ça aurait continué, mais il avait fallu qu'elle arrive, nous tire les cheveux -notre point faible- et nous sorte son ''calmez-vous s'il vous plaît'' et on a arrêté. À vrai dire, notre plus grande peur, c'est de la voir en colère un jour, elle est tellement calme que ça ne peut que partir en vrille. Rien que d'y penser me fit faire un sourire nostalgique en regardant la photo, puis je secouai vivement la tête pour me concentrer sur ma besace, d'où je sortis ma mallette de premiers secours...elle a quoi, près d'une dizaine d'années maintenant. Et toujours aussi utile. Je la posai sur le bureau pour l'ouvrir. Un bordel organisé où seul moi pourrait m'y retrouver. Faut dire, j'ai trop de trucs et...bon sang les bandages se sont encore desserrés ! Quelle plaie...il faut maintenant que je les enroule à nouveau pour accéder à mes produits. Enfin, je fais ça à la va vite et en soupirant, mais ça ira. Sortant ensuite une boîte et un tube de crème, je me retournai enfin vers mon camarade, gêné de ce que j'allais lui demander, mais bon, si je ne le faisais pas, je ne pourrai pas lui donner ce qu'il faut.

« Est-ce que tu peux...retirer ton haut s'il te plaît ?...Je...j'ai besoin de vérifier l'étendue des dégâts... »

Frottant ma nuque d'une main et le regard ailleurs, je cherchais surtout une cachette tellement la honte me prenait.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 1 Sep - 16:58

Dos solide?


Kaito ne pouvait s'empêcher de noter, en baissant son regard vers son camarade Hikaru, à quel point il était rouge. Il se croyait presque gratter quelques cellules de sa peau pour en faire de la peinture, tellement la couleur était vive! Pourquoi rougissait-il, d'ailleurs? C'est vrai que le geste que l'artiste venait de faire était très amical, mais il restait curieux de la réaction du tireur d'élite. Enfin, il n'est pas dans sa tête, et jamais il ne le sera. Ses pensées furent interrompues par Hikaru qui machouilla ses mots dans un charabia difficilement compréhensible, mais il ne put s'empêcher de voir le sourire d'enfant qu'il arborait, et de lui répondre par un autre sourire apaisé. Et ainsi, on aurait pu croire qu'il a perdu 1 ou 2 ans, rien qu'à changer d'expression...

Suite à ses phrases sans sens, il était resté muet le temps d'aller à la porte, ce qui prit... 15 pas, grand maximum. Porte, d'ailleurs, qu'il ouvrit avec autant d'adresse qu'un hippopotame en tutu. Puis, il laissa le Street Artist entrer en premier. La chambre de son camarade avait un ordre rafrachissant, surtout quand on considère le bazar organisé de Kaito. Enfin, nous ne sommes par là pour parler de ça. Il remarque que le petit gars s'attardait sur ce qui semblait être une photo de sa famille. Il était trop loin pour voir en détail, et même, il ne voyait que les bouts du cadre, mais cette photo semblait réveiller en lui des mémoires heureuses. Dommage qu'il n'en a pas autant, au vu de sa relation familiale... Son meilleur souvenir, c'était un jour bercer sa petite soeur sous l'oeil de ses parents. C'était magique juste pour la paix qui régnait sur ce moment. Et voilà qu'à nouveau ses pensées sont interrompues brusquement par son... ami, peut-on dire? Il avait entre ses mains une boite de soins et il lui demandait de mettre son dos à nu afin de pouvoir voir combien de fois il a chuté.

Juste après cela, il s'asseya sur le lit, et ouvrit sa tenue d'artiste à tel point que tout son dos était visible. La structure musculaire, bien qu'elle n'est pas intense et virile, était quand même impressionnante pour un individu de son âge. Las, tout cela était éclipsé par les teintes rouges, bleues, voire noirâtres que représentaient les dizaines de coups, bleus et bosses qu'il a accumulé durant toute une journée! Tout ça car il retombait aussi bien qu'un oiseau touché dans l'aile. Mis à l'aide, chacun de ces coups tapaient comme des petits impacts de marteau, et autant de petits coups le faisait grincer des dents. Est-ce cet effet de l'adrénaline, qui permet de limiter la douleur? Est-ce que tenter d'affronter un obstacle encore et encore faisait qu'il ne ressentait rien? ... Probablement. Mais là, tout ce qui compte, c'est de recevoir des soins.

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Ven 1 Sep - 18:18

Quel sera le diagnostic ?


Après donc un bon moment à déduire que l'armoire ne pourrait pas vraiment me cacher au vu des endroits bien trop évidents qui peuvent faire office de cachette, je lâchai un soupir. Tout comme j'aurai bien voulu m'attarder plus longtemps sur la photo de ma famille, mais je commençai déjà à avoir mal au cœur et les larmes qui montent à peine le regard posé dessus. Clairement, ce n'était pas une bonne idée, donc je préférai, par précaution pure, baisser le cadre pour ne plus voir la photo. C'était plus aisé ainsi, parce que je savais certes ce qui s'y trouvait, mais tant que je ne l'affrontais pas, ça passait. Peut être que c'était lâche, mais je refusais de m'engager sur une bataille que j'estimais perdue d'avance. Si je continuais d'y penser...je savais comment ça allait se finir, et qu'importe si c'était ce que je voulais ou non, je ne devais pas le faire, et je ne le ferai pas. Plus. Du moins pour le moment. Je n'avais aucune garantie sur ma faible résistance, qu'importe si je faisais toujours de mon mieux pour honorer mes promesses, celle-ci, je n'étais pas certain de la tenir, et mon frère le savait si bien que c'était pour ça qu'il m'appelait aussi souvent. Quant à savoir si je devais lui être reconnaissant de s'inquiéter autant pour moi ou énervé d'être ainsi collé par cet abruti, ça allait selon mes humeurs, jamais positives, pour sûr. Ça nous avait rapprochés, et on ne se disputait plus aussi souvent, mais j'avais entre autres, perdu l'envie de lui faire des mauvais coups, l'envie de l'énerver, l'envie d'agir, l'envie de tout, l'envie de vivre. Je n'avais cependant pas le choix, je vivais par devoir, pas par plaisir, espérant malgré tout que je trouverai dans cette académie, quelque chose, ou quelqu'un, qui me permettra de tenir, de rester ici, et de ne pas sombrer. Je savais déjà que lorsque je devrai parler, elle en sera affectée, mais c'était juste trop...à ce moment là...inutile de le nier où de vouloir l'oublier, je ne pourrai jamais faire ça, alors mieux valait éviter de le refaire, c'était ce qu'il y avait de mieux actuellement.

Takebashi s'installa sur mon lit, et je sursautai, sortant de mes pensées en constatant que j'y plongeai bien trop souvent malgré moi. Un effet de la dégradation de mon état mental à coup sûr, mais j'avais été prévenu que ça ne changerait pas si facilement. Ce qui finit de me ramener, ce fut la douleur à mon poignet droit. En baissant mon regard dessus, je compris pourquoi ça me brûlait la peau avec supplément impression que je vais en casser l'os, ce que je préférerai éviter. Surtout parce que je devrai retirer ma mitaine, et je n'en avais pas envie, sauf si je connaissais le médecin, mais il y en avait qu'un seul qui m'avait pris en charge pour ça. Mais pour la deuxième fois en peu de temps, ma main gauche s'était mise à serrer mon poignet droit avec toute la force que je pouvais posséder, et même si je n'en avais pas beaucoup, ça restait une zone assez sensible, donc j'avais effectivement mal, mais ça passerait au bout de quelques minutes. Desserrant ma prise, je lâchai enfin mon poignet pour voir si la rougeur que j'avais causé ne dépassait pas. Hors de question que mon camarade se pose des questions, car il était hors de question pour moi d'y répondre. En prévision donc, je la réajustai pour être sûr que rien ne soit vu. Pauvre bout de tissu, je dois le tirer je ne sais combien de fois par jour, à se demander comment ça tient, parce que je risque de devoir changer prochainement si jamais un trou se forme à cause de ma manie de tirer ce truc. C'est aussi nocif que ma manie de serrer aussi fort mon poignet, je ne le sens même plus tellement j'ai serré. Quand je dis que c'est un coup à te couper la circulation. Je suis ambidextre, certes, mais j'ai besoin de mes deux mains quand même, parce que c'est plus pratique. Et j'utilise malgré moi la main droite plus souvent que la gauche pour écrire. Donc si je pouvais éviter de me la faire amputer à cause de mes bêtises, ça m'arrangerait, même si au moins, je n'aurai plus de raison de mettre quoi que ce soit dessus.

Et comme je veux garder ma main droite, et que je ne suis pas un grand fan des fourmis, je me mis donc à la secouer un peu, même si ça me fait un peu mal, mais fallait bien faire ça pour faire revenir le sang à l'intérieur. Quelle ironie quand j'y repense. Faire revenir le sang dans mes veines...si la suite n'était pas la suite, j'aurais volontiers ri à ce coup du sort. Mais je n'étais plus familier avec le rire, déjà que mes derniers sourires en direction de mon camarade étaient en train de me causer de belles crampes aux joues. Mais vu la tête que je tirai actuellement, je bénissais le fait d'être dos à lui, même si c'était mon expression habituelle, j'avais l'impression que ce serait déplacé de ma part de lui remontrer ce visage. Je détestais ça, être incapable de me rappeler comment montrer un visage autre que celui d'un gars qui se demande ce qu'il fait encore en ce monde, comme si on l'avait empêché de le quitter, ce qui était à peu près le cas en fait. J'avais presque peur de faire volte-face désormais. Mais c'était toujours ainsi, après tout, un déchet dans mon genre ne devrait même pas avoir de raisons de sourire, alors je me pliais à la fatalité que l'on m'imposait sans broncher, continuant juste de me dire que ça pourrait être pire et que ça ne peut qu'être pire. Voilà à peu près ce à quoi je pensais le temps de récupérer une main fonctionnelle, encore un peu engourdie, mais ça fera l'affaire, le reste partira au bout de quelques temps. Ainsi donc, je serrai plusieurs fois ma main en poing avant de remettre de nouveau ma mitaine correctement. C'était encore plus rouge que ce que mon visage était il y a peu, je ne m'étais pas raté. Enfin, maintenant que j'ai arrangé l'accessoire, une fois de plus, je ne devrai pas avoir de problèmes et rien ne devrait être vu par Takebashi, à qui je devais quand même donner l'impression de l'avoir oublié. Je en quoi je décidai de me rattraper plus ou moins immédiatement après m'en être rendu compte.

« Désolé Takebashi, j'arrive. »

Quel abruti je faisais, à penser autant à moi dans une telle configuration, alors que mon camarade devrait être la priorité. Je joignis donc le geste à la parole et me dirigeai plutôt rapidement vers lui, pour voir qu'entre rouge, bleu et noir, c'était un tableau qui m'aurait révulsé si ça avait été le produit de coups et non de chutes. Dire qu'enfin je pouvais recommencer à porter des manches courtes, je crois que ça se voit que j'en profite. Alors que ce soit son dos, ses épaules, et même au niveau pectoral et abdominal, il ne s'est pas loupé lui non plus. De ce que je voyais, la plupart était des hématomes, et si même aucune blessure n'était de même gravité, enfin au niveau exact, elles étaient trop nombreuses pour être traitées au cas par cas. Histoire d'assurer mes impressions, je passait la main gauche sur quelques uns, sans observer la réaction de mon camarade, vu que j'ai de fortes chances de tomber sur un mur et que je n'avais pas besoin d'appuyer fortement. Le volume et les vaisseaux sanguins qui ressortaient suffisaient à confirmer ce que je pensais, et clairement, j'aurai préféré lui passer une pommade mais les dégâts sont trop importants. Je ne voulais pas qu'il ait l'impression d'être malade après tout. Je lui fis donc signe que j'avais fini, sans me soucier qu'il trouve ça rapide, ce que c'était vu que c'était le genre de blessures que je connaissais par cœur à force de devoir les soigner, aussi bien sur mes aînés que sur moi. Donc je regagnai le bureau, pris une feuille volante et un stylo de rechange dans un de mes tiroirs, commençant à griffonner quelques trucs. Ça se fut plus lent pour ne pas que ce soit aussi bâclé que d'habitude au point de confondre mes ''ru'' avec les ''ro'', les ''ne'' avec les ''wa'' voire les ''ku'' avec les ''he'' et vice versa, puis je sortis les boites d'anti-douleurs que j'avais. Deux en fait, autant dire que tout se passait si bien dans cette académie que je n'avais même pas fait les pleins. Repliant le papier dessus, je pris tout ça pour repartir dans la salle de bain, où se trouvaient les produits médicaux que je ne pouvais pas placer dans ma boîte de premiers secours, dont les patchs pour les douleurs musculaires, que je pris avant de ranger le tout dans un sac en plastique que j'avais gardé, datant de mon dernier passage à l'épicerie. Enfin, je tendis le tout à Takebashi des deux mains.

« Les anti douleurs c'est deux fois par jour, matin et soir pendant huit à dix jours, et après ça devrait être bon. Et les patchs, tu les utilises dès demain sur l'endroit de tes courbatures et tu les changes toutes les huit heures si besoin. Mais surtout, pas d'exercice pendant deux semaines. »

J'ai l'impression, en disant ça d'être un croisement entre un professionnel du corps médical et un parent poule, faut dire, à l'époque, c'était l'un des rares moments où je n'avais pas l'impression d'être le benjamin de ma famille. Drôle mais nostalgique. J'espère qu'il ne le prendra pas mal, ni qu'il rira de mon ton, ni que mon inquiétude se voie...ma gêne pointa de nouveau le bout de son nez alors que je parlais d'une voix encore plus basse que d'habitude en baissant le regard que je détournai.

« Compris ? »

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Dim 1 Oct - 17:01

Docteur Hikaru?


Kaito ne pouvait qu'attendre son camarade, qui semblait occupé avec ses propres troubles. Oui, il suivait ses gestes du coin de l'oeil, et pour ainsi dire, voir le visage d'Hikaru, qui semblait s'emplir de détresse, était un bien triste spectacle. Il ne savait absolument pas ce qui lui passait par la tête, mais il ressentait comme une certaine aura de peine, qui lui donnait une envie subconsciente de le serrer fort, afin qu'il se sente au moins un peu mieux. Mais la douleur était un étrange blocage...

Enfin, le jeune tireur d'élite s'excusa promptement, après moultes manipulations de ce qui se trouve sur son poignet droit, et se mit à tater le dos nu, endommagé et presque pictural du street artist. C'est en sentant sa petite main palper ses coups qu'il se rendit un peu plus compte des dégâts qu'il a imposé à son corps: C'est comme si elle passait sur un champ miné, un no man's land où les obus on été troqués par divers tapis plus ou moins robustes. Mais après l'inspection, Hikaru partait sur la table et gribouillait un charabia incompréhensible, typique des docteurs généralistes. Et suite à cela, il alla chercher une boîte d'anti-douleurs et des patchs, puis lui donna ses instructions pour un complet rétablissement. Il soupira quand il a entendu qu'il ne devait plus faire d'activités physiques pendant deux semaines. Déjà qu'il était particulièrement rouillé avant, ça ne va pas l'aider, de devoir rester en salles de cours. Néanmoins, il se tourna vers son camarade, prit les médicaments, et lui rendait un petit sourire amical, visible de bien peu, certes, mais c'est l'intention qui compte.

-Merci, Mr le docteur, disait-il un petit peu rieur, pour une de ses rares fois. -Pourais-je avoir un verre d'eau?

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Lun 2 Oct - 10:53

Et un verre d'eau pour la 3 ! Un !


Bon, d'accord, le verdict plaît sûrement pas à Takebashi, mais il n'avait qu'à faire attention aussi. Je veux dire, reprendre le sport est une chose, mais il faut savoir commencer doucement. Après un long moment sans pratiquer, le corps est moins fort et moins endurant, et voir ce qu'il est capable de se faire relèverait presque du masochisme. Donc commencer ainsi n'était peut-être pas la meilleure idée qu'il ait pu avoir. S'il n'avait pas une bonne constitution, il aurait pu se déchirer un muscle voire se casser un os, enfin bref, ça aurait pu être bien pire, et pour être honnête, je me demande sérieusement jusqu'où il aurait continué si je n'étais pas arrivé. Pas que ce soit une bonne chose pour lui, je ne suis pas idéaliste à ce point parce que je me serai bien passé de piquer une crise de panique sous ses yeux, mais au moins pour son corps, c'est pas plus mal. S'il fait beaucoup de parcours d'obstacles comme ça dans la vie de tous les jours, il devrait, au lieu de surmener son corps ainsi, apprendre à en prendre soin et à le connaître. Cela devait faire partie de son outil de fonction après tout, il devrait l'entretenir autant qu'il entretient son sens artistique et son esprit critique. Enfin un minimum quoi, parce que si jamais il venait à encourir une situation fâcheuse dans laquelle son corps serait incapable de l'emmener plus loin, je ne garantis pas ma présence sur les lieux pour m'en occuper. Pas que je m'inquiète spécialement pour son compte, mais ça reste un camarade et puis je ne cherche pas à lui conseiller de quoi se soigner pour qu'il bazarde tout à la fenêtre. De toute façon, dans son milieu, il finira bien par se blesser un jour ou l'autre sans que je puisse le soigner, je sais bien que c'est qu'un misérable effort, une goutte d'eau dans l'océan. Ce n'est clairement pas grand chose et qui plus est, c'est normal pour moi, donc il n'y a aucune fierté à en tirer, cependant, je ne peux pas m'empêcher d'éprouver une certaine satisfaction à l'idée selon laquelle j'ai peut-être réussi à l'aider.

Aider quelqu'un, être utile, être capable surtout, je crois que ce sentiment ne m'a pas repris depuis longtemps. Même si je n'en montrai rien, j'appréciais le fait d'avoir pu aider mon camarade. La seule chose que je demandai en retour, c'était qu'il prenne son traitement au sérieux, parce que sinon ça n'aurait servi à rien. Peut-être que c'était égoïste, de tirer une satisfaction d'une bonne action. Certes, c'était normal d'aider quelqu'un qui en a besoin, surtout si on peut faire quelque chose, mais parce que c'était normal, je ne devrai pas m'en sentir moins mal que d'habitude -rappelons que je sais que je n'irai probablement plus jamais bien- c'était sûrement arrogant de ma part, et égoïste aussi. Peut-être que ne rien ressentir était la chose à faire, et pourtant, je n'arrivais pas à voir le mal dans le fait d'apprécier un tel fait. La culpabilité prenant sa place peu après, j'attribuais ça sur le compte de la nostalgie, encore le passé avec mon frère et ma sœur, entre l'application de bandages et des sempiternelles recommandations, avec les discussions qui s'en suivaient. C'est lors de l'une d'elles d'ailleurs que j'ai appris que la mallette de premiers secours se trouvant toujours dans mon sac datait de la jeunesse de mes parents adoptifs, ayant appartenu à un de leurs amis. Ce qui expliquait la vieillesse du truc, mais d'une certaine manière, la valeur sentimentale qu'elle avait pour moi, car chaque membre de notre famille l'avait possédé à un moment donné, même si j'ai fini par la garder, sûrement parce que je m'en servais le plus aussi. C'est d'ailleurs la première fois que je l'ouvre pour soigner quelqu'un d'autre que l'un d'eux, c'est assez étrange en soi. Enfin l'important c'est que le contenu soit utile je pense, sinon ça n'avait pas de réel intérêt. J'avais de toutes façon pas mal de trucs aussi, donc mieux vaut s'en servir avant que ça périme auquel cas ça ferait plus de dégâts que de bienfaits, ce qui serait contraire à leur but et au mien, soit calmer les douleurs de mon camarade. Et puis si ça ne me sert plus -ce qui est une excellente chose- autant que ça serve à quelqu'un d'autre, c'est sûrement mieux ainsi.

Enfin en revenant au présent, je ne pus m'empêcher de penser que mon frère tirerait une de ces têtes s'il nous voyait. Je suis le petit frère du ''''''grand'''''' policier qu'il est, et au lieu de me montrer respectueux des règles et prêt à défaire les auteurs de délits et crimes, je les fréquente sans réel souci. Pas que parce qu'il y en a une proportion élevée dans cette académie au point que certains pensent que c'est en réalité une prison, mais aussi parce que je ne me soucie pas de ce qu'ils font, mais de ce qu'ils sont. Enfin faudrait pas abuser non plus, parce que je veux bien me lier d'amitié avec quelqu'un comme Takebashi, enfin tout est relatif selon si ça se fait ou non. Mais je n'irai pas jusqu'à avoir mon premier baiser à une trafiquante de drogues ou sortir avec une gangster ! Rien que cette dernière pensée me provoqua un frisson sur l'échine. Pas par méchanceté envers Nakagawa, car je ne lui ai jamais parlé -bon je n'ai parlé à quasiment personne hors formules de politesses aussi- mais par méfiance plutôt, sûrement par procuration d'ailleurs, mais bon, je verrai au cours de l'année si cette impression peut changer. J'entends déjà les remontrances hurlées de mon frère d'ici, selon lesquelles je devrai faire un minimum gaffe parce qu'il ne veut pas que son petit frère soit victime d'une mauvaise influence et passe dans le mauvais coté de la légalité. Et j'en suis fatigué d'avance, parce qu'aux dernières nouvelles je sais quand même ce que je fais et quand je sais que même des gens adorés des autres élèves et professeurs n'hésitent pas à s'en prendre à plus faibles qu'eux, je peux bien me permettre de penser que ceux ayant une réputation de délinquants voire de criminels sont en fait des gens avec qui il est agréable de passer un moment. Je ne sais pas si j'ai raison ou tort, mais dans le cas de mon camarade, j'aimais penser que j'avais raison. En fait, ma grande crainte était qu'il me parle d'art parce que je n'y connais rien et désolé pour lui, mais je ne suis pas intéressé...bon d'accord, je ne suis intéressé par rien en ce moment si ce n'est essayer de retrouver un peu de joie dans la vie.

Les mots dudit camarade me sortirent de mes pensées, m'empêchant heureusement de pousser un énième soupir qui aurait pu être mal pris. Docteur hein...peut-être que j'avais l'air de l'un d'eux sur le coup et j'avoue que rien que pour le port de la blouse blanche, j'adorais les cours de chimie, mais vu ma sale tête, ma stature, et l'absence de blouse blanche, je crois que de nous deux, c'est plus moi qui aurait eu besoin de voir un médecin si je ne m'y refusais pas. Sur le coup je m'étais un peu imposé comme tel, heureusement, son ton rieur me rassura, et c'était agréable à entendre, pas que sa voix calme était effrayante, bien au contraire, mais au moins il n'avait pas mal pris mon attitude. Même si je voulais aider, je savais que parfois, je pouvais me montrer extrêmement maladroit si bien qu'on me prêtait l'intention contraire dans certains cas, c'était gênant. Puis il demanda un verre d'eau, et je me sentis bête. Après l'entraînement, c'est vrai que boire beaucoup d'eau était nécessaire, au moins pour éviter les crampes. Je n'étais pas très calé sur le sport, mais au moins du point de vu de la santé, je m'y connaissais assez pour savoir ce qu'il fallait faire pour en éviter les contrecoups fâcheux. Il devrait aussi penser à s'étirer, pour calmer les douleurs musculaires à venir. Ce n'était pas sain sinon, et ça allait prendre plus de temps à son corps pour se rétablir. Enfin, il devait quand même savoir ce qu'il fait, je ne vais pas le materner non plus, déjà parce que je suis un garçon, et ensuite parce que je suis plus jeune que lui -plus précisément je suis le plus jeune de ma classe si ce n'est de l'académie- et surtout parce que je ne sais même pas si je voudrai avoir ou adopter des gosses. Ça se fera ou ça ne se fera pas, je n'en sais rien, je sais juste que suite à la demande de l'autre brun, j'ai sursauté un coup, encore perdu dans mes pensées alors qu'il faudrait sérieusement que j'arrête de divaguer, avant de commencer à lui répondre, avec un enthousiasme et une sorte de panique de l'avoir oublié, que mon visage ne montrait pas, juste mes yeux et peut être ma voix.

« Tout de suite ! »

Je me précipitai -en trébuchant mais en me rattrapant très vite- de nouveau à la salle de bain, et m'emparant d'un gobelet, il fut rempli rapidement avant que je ne le passe au concerné à qui je m'adressai d'une voix un peu plus concernée.

« Et voilà...tu...tu as besoin d'autre chose ? »

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Sam 14 Oct - 13:33

De l'eau, de la vie


L'artiste gardait le regard sur Hikaru. Il semblait ne pas apprécier ce qui a été dit, mais le but n'était pas de faire du mal, mais de s'essayer à dire une blague. Elle semblait mauvaise, en effet, mais c'est une première depuis un certain temps. Enfin, il ne faut pas s'attarder sur cela, ce n'était un essai peu fructueux, mais il a la valeur d'un essai dans le même temps. Il brisa le silence en respirant, mais c'est à cet instant que le tireur d'élite arriva avec un verre d'eau.

Il s'en saisit, et le but cul sec, par manque de meilleure manière de l'exprimer. Cela crée l'artifice que la vie revenait en lui telle une rivière au printemps. Il prit ensuite un des médicaments qui lui a été prescrit. Déjà, il se sentait bien mieux, à l'idée de distinguer ce que sa peau à subie durant l'entrainement. Las, il n'avait pas l'expertise de gérer une telle affaire. Heureusement, Hikaru Yuugure était présent afin de veiller un peu sur sa santé.

En parlant de lui, il demanda s'il avait besoin d'un truc. Takebashi paraissait à cet instant entrer en transe, réfléchissant à ce qui lui serait utile, et même nécessaire à l'instant présent. Les yeux fermés, il passa en revue ce qu'un individu qui ne peut plus faire d'exercice physique aurait envie. Et ça lui sauta aux yeux. Il prit les clés dans sa main, et fixa le première année:

-J'aimerais du matériel. Dans ma chambre. Peinture et papier suffira.

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Dim 22 Oct - 17:03

À la recherche de peinture et papier !


Bon bah soit Takebashi avait vraiment soif, soit il a un goût particulier pour l'eau, soit il n'aimait tellement pas ça qu'il buvait cul sec mais je crois que pour qu'il boive aussi vite, la première explication serait plus plausible. Sinon je ne m'y connais pas et même si je ne le connais que peu, j'ai quand même du mal à voir ce qu'on peut trouver de bon dans de la flotte. Certes c'est génial de se baigner dedans, les douches ça fait du bien, mais au goût, c'est le néant. Donc autant dire que ça n'arrive pas à la cheville d'une bonne sucrerie quelle qu'elle soit. Je ne vais pas tarder sur le fait que j'aimais bien entre autres les pocky au matcha mais je préfère surtout ceux que mon frère achetait pour son goûter et qu'il laissait sur son bureau le temps de sortir dans l'espoir vain de le retrouver. Quand il rentrait, je m'amusais toujours à jeter la boîte, vide bien évidemment, sur sa tête avant qu'il ne rentre dans l'immeuble, et je le laissais me maudire tout son saoul pour avoir dévoré son goûter pendant que personne ne regardait. Logique, j'étais seul à la maison dans ces moments là. Donc lorsqu'on est seul et qu'on s'ennuie devant ses devoirs comme le gosse discipliné que je ne suis pas, bah on devient plus réceptif aux signaux de son corps, comme le ventre vide. Et quand une boîte de pocky au matcha te fait de l’œil sur le bureau derrière toi, c'est dur de résister, surtout que c'est toujours tentant d'embêter son frère aîné. Maintenant, il est plus obligé de me fourrer à manger directement dans l'estomac qu'autre chose, vu que j'ai prix l'habitude de zapper les repas de temps en temps. Surtout quand il n'est pas là pour me le rappeler, c'est assez peu aisé en soi. Enfin pour lui, j'ai fini par m'en moquer pour ma part. En fait, quand il n'est pas à la maison, je crois que je suis encore moins vivant que d'habitude, alors autant dire que mon état déplorable dans ces murs est parfaitement justifié vu ma solitude, et encore, il m'appelle, sinon je crois que...

Secouant ma tête pour occulter des pensées trop sombres -enfin à peine plus que d'habitude- je me mis à écouter le silence après la prise de son médicament. Déjà il respecte les ordonnances, c'est un bon point, pas que je me soucie de lui mais disons que je fais l'effort de l'aider à se rétablir, alors s'il ne respectait pas les conseils donnés, je me sentirais sûrement vexé malgré moi. Difficile de croire qu'il me reste un semblant de fierté dans tout ce fatras d'idées moins gaies les unes que les autres et pourtant, je suppose que c'est ce qui fait que je suis encore humain au fond. Bonne ou mauvaise nouvelle, impossible à dire, je ne vois pas ce que je peux faire d'autre à part laisser faire. Se laisser vivre est la meilleure alternative pour moi qui n'a plus de réelle envie de vivre mais qui n'a pas le droit d'attenter à ses jours. Restait à savoir si je pouvais sortir de là, pour le moment, je n'en avais pas de réelle envie, ça me convenait et c'était mérité, donc je n'avais pas mon mot à dire. Dans la réflexion de mon camarade, j'en profitai pour de nouveau réajuster ma mitaine droite, que je savais trop courte alors qu'elle était plus longue que la normale, puis je n'arrêtai pas de tordre le tissu entre mes doigts. Je commençai à me sentir assez mal à l'aise en ayant l'impression d'avoir posé une question trop gênante et comme par sécurité, je fis un pas en arrière, prêt à me déplacer au besoin. Son attitude était assez pour m'assurer qu'effectivement, il aurait besoin de quelque chose, juste, le quelque chose en question m'était encore inconnu. C'est lorsqu'il mit la main à sa poche que je sus que le silence serait rompu, de quoi être surpris si je n'avais pas gardé un œil sur lui, même perdu dans mes pensées. Il sortit carrément la clé de sa chambre, et pour être honnête, j'étais un peu gêné, ayant toujours trouvé incorrect d'entrer chez quelqu'un sans la personne concernée. Sûrement l'éducation qui m'a été donnée plus les diatribes de mon frère, mais je ne pus m'empêcher d'avoir la main tremblante lorsque je pris l'objet qu'il me tendait, sincèrement gêné.

« De...D'accord. »

Faudrait vraiment que j'arrête parfois. Trouver mes mots ne devrait pas être si difficile, enfin, si j'arrêtais de divaguer. Puis, inclinant ma tête à l'égard du plus âgé, je sortis en prenant aussi les clés de ma chambre prêt à longer une bonne partie du couloir. Les joies d'avoir la chambre au fond du couloir à cause du ''yu'' commençant mon patronyme. Ça a beaucoup d'avantages, mais aussi pas mal d'inconvénients si je puis dire. Et ainsi donc, je me préparai psychologiquement à voir une chambre contenant diverses couleurs sur les murs que je ne prendrai pas le temps d'observer à part pour penser que ça me fait mal aux yeux, mais c'est alors qu'une fois la clé correspondante tournée et la porte ouverte que je fus frappé par tout autre chose. Le bazar. Même mon frère est plus ordonné en comparaison et pas que parce qu'on partage la même chambre donc je fais assez souvent le rangement ! J'ai eu l'occasion de tester et Seïa-onii-chan ne fout pas un tel bordel, je confirme. Mais là, entre les bombes de peinture, les cartons, les brosses et je ne sais pas trop quoi encore, je vais me marrer à me déplacer dans ce fouillis. Le pire, c'est que ça peut paraître très bien organisé pour Takebashi donc déranger le lieu m'embêtait vraiment. Par chance, je pus repérer un espace assez lointain pour réussir à mieux chercher ce qu'il m'a demandé. Fermant la porte derrière moi, je pris mon courage à deux mains et virai le regret de toutes les dispenses sur certificat médical que j'ai eu en sport pour faire une première tentative de roue, seul moyen possible de se déplacer ici. De manière prévisible pour un gars qui croule sous le poids de son propre fusil, je me suis écroulé peu après que mes pieds aient quitté le sol dans un bruit douloureux m'ayant conduit à devoir tout remettre en état, soit la partie que j'ai dérangé. N'étant donc pas arrivé au point voulu, c'est sans conviction que je soupirai pour faire une seconde tentative. Et une belle réussite. J'étais arrivé, et la vue d'ensemble était imprenable sur tout ce lieu bourré d'obstacle pire qu'un parc d'attraction pour souris. Du coup papier peinture, papier peinture...trouvé après trois minutes à se prendre pour le type en haut du mât dans les bateaux de pirates.

Trouvant dans un coin quelques feuilles et un peu -beaucoup- plus loin diverses peintures ainsi qu'un pinceau sur le bureau, je pris tout et sortis de la chambre normalement cette fois, car accoutumé à l'environnement, en prononçant un ''désolé du dérangement'' plus pour la forme que pour autre chose. Puis je repris la direction de la mienne, bien plus rangée. Mais sérieusement, à coté, mon frère est un maniaque de l'ordre...enfin c'est un maniaque de l'ordre et de la justice au niveau de la loi, pas au niveau domestique hélas, auquel cas ça aurait été bien pratique de ne pas tout assurer soi-même en ce domaine là. Encore une fois, le chemin ne fut pas long, par chance parce que j'avais peur que tout le matériel ne me tombe des mains surtout que j'ai pris aussi bien ce que je pouvais que ce que j'ai trouvé dans cet endroit qui m'a mis vraiment mal à l'aise. Tout ce bordel rétrécit l'espace, et je déteste les espaces restreints, mais surtout les lieux fermés, d'où par exemple la fenêtre toujours ouverte dans ma chambre, même quand le froid de l'hiver mord à pleines dents, la claustrophobie et les mesures prises contre sont inévitables. Et c'est devant la porte de ma chambre que je fis face à un problème de taille...je ne pouvais pas entrer. J'avais certes les clés de ma chambre, mais à cause des peintures en priorité, j'ai les bras un peu chargés. En plus, à cause de mon organisation pas si géniale, si je libère une main, tout tombe, donc autant dire que je suis bien embarrassé pour ouvrir la porte. Frapper est tout aussi inenvisageable surtout qu'en plus l'insonorisation dans les chambres est de qualité -ce qui parfois était bien pratique lors de mes crises de panique- alors même utiliser mes cordes vocales ne marcherait pas. Donc à moins qu'il ne soit télépathe, ce qui est strictement improbable, impatient au cas ça peut être salvateur sur ce coup, ou pire, inquiet et je préférerai éviter ce scénario, je crois que je suis condamné à resté coincé en dehors de ma propre chambre...quelle plaie.

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Kaito Takebashi

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Mer 1 Nov - 17:57

Pendant ce temps...


En donnant les clés de sa chambre à Hikaru, Kaito pouvait lire dans ses yeux le malaise qu'il avait. Il n'osait cependant imaginer la teinte verte de son visage quand il se rendrait compte du désordre de la chambre de l'artiste. Le pire étant bien évidemment que, du fait qu'il vit dans cette chambre, et que surtout il y dessine le plus clair de son temps, il sait parfaitement bien se repérer. Néanmoins, il sentait que quelque chose n'allait pas bien chez lui, et il chercha dans sa tête un moyen d'apaiser un minimum son esprit. Et la figure de sa petite soeur se formait, en lui rappelant la passion qui était la sienne: l'humour. Une blague revenait en surface. C'était il y a quelques mois...

-Eh, grand frère! Tant que j'y pense, j'ai une bonne blague! De quelle couleur est une chat tombé dans un pot de peinture?
-Je ne sais pas.
-Il est chatain! Chat teint! Tu comprends?


Elle semblait se tenir les côtes ce jour-là. Mais lui... Il restait stoïque. Ca ne la démoralisait pas, bien évidemment, mais ça montrait, bien malheureusement les limites de son humour. Humour, par ailleurs, qui était, pour ainsi dire, la seule référence qu'avait Kaito. Il en soupira. Peut-être fallait-il la garder pour un moment plus... Important? Enfin, cela faisait quelques minutes que le jeune tireur d'élite semblait parti. Peut-être avait-il besoin d'aide. Il se dirigea vers la sortie, et ouvrit la porte. Juste pour voir son camarade avec tout le matériel, attendant sagement devant la porte. Il soupira de soulagement: il a réussi à s'en sortir, après tout.

-Désolé du chaos. Je vais prendre le relais.

A peine eut-il finit qu'il prit les affaires et alla s'asseoir sur une chaise. Il avait une quantité de papier limité, et était dans une chambre autre que la sienne. Donc, il sortit son calepin, approcha la poubelle, et commença à faire des esquisses. C'était sensé être un dessin de remerciement, une chose qui lui était totalement inconnu jusqu'alors. En l'espace de quelques minutes, un fond de feuilles se formait déjà dans la poubelle. Toutes représentés des dessins fait à la va-vite, sur un coup de tête, mais qui, au final, déplaisait. Mais, à un moment, il a une idée: Un dessin des deux, avec Hikaru sur ses épaules, et sur son maillot, "Merci" écrit en blanc. Il montra la feuille à Hikaru, et lui posa cette question simple:

-Aimerais-tu ce dessin?

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Hikaru Yuugure

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MessageSujet: Re: Entrainement au Parkour (Libre +1 personne)   Sam 4 Nov - 19:22

Attendre et attendre et attendre...


Si je devais décrire avec précision ce que je ressens en faisant le pied de grue devant ma propre chambre, je crois que ça consisterait en un seul mot, la honte. Retirez l'article et vous l'avez votre mot, mais si je devais surenchérir, je dirai que c'est la honte la plus totale et j'espérais vivement que personne ne passerait par ici histoire d'éviter les rires qui m'énerveraient plus qu'autre chose. Non je ne suis pas irascible, ou du moins le terme n'est pas assez fort, mais les rires dans mon dos, c'est le genre de truc qui pue tellement la malhonnêteté que c'est un coup à donner de sévères envies de meurtre. Enfin pas jusque là, mais assez pour ne serait-ce que leur passer l'envie de rire pendant les six prochains mois, faut juste que j'en ai les moyens, donc on verra si le moment se produit, si jamais j'arrive à passer au-delà du stade de l'envie, et si j'en ai l'envie, effectivement, ça peut être une option. C'est le genre d'éventualités qui risque fort d'arriver à un moment ou à un autre de toute façon, puisque les établissements scolaires sont une reproduction miniature de la société. L'expérience que j'y ai passé m'a d'ailleurs appris que le milieu scolaire et celui du travail n'étaient pas si différents, seules les méthodes changeaient, mais le fait était que souvent, pour s'intégrer aux autres ou juste contenter leurs problèmes d'ego, les gens n'hésitaient pas à s'en prendre à quelqu'un ayant la ''tête de l'emploi''. Que ce soit en le rabaissant, en sabotant ses actions ou bien en s'en prenant directement à cette personne, ce n'était pas un phénomène isolé, au contraire, c'était devenu si courant qu'on n'en parlait plus, l'assumant comme une réalité inchangeable. C'était pathétique d'un coté, de l'autre, ce n'était peut-être pas faux tout ça, de ce que j'ai pu vivre et voir, raison pour laquelle je voulais aussi oublier ça et ne pas avoir de nouveau cette expérience à me coltiner. Lâche, oui, j'admets, surtout que je ne m'interposerai probablement pas si j'étais témoin, bien qu'au fond, je n'en sais rien, je n'ai jamais eu affaire à ce cas de figure.

Et puis ce n'est pas tout ça, mais à force d'attendre une sorte d'intervention divine, je commençai à avoir mal au jambes. Je ne suis pas lourd et je le sais, la preuve, Takebashi a couvert la distance infirmerie-ma chambre en me portant sur son dos couvert de bleus sans ciller. Bon d'accord, il cille rarement, faut le dire, mais ça prouve ce que je dis surtout. Donc, je ne suis pas un poids lourd, mais rester debout comme ça, ça devient vite difficile à tenir, donc tu t'appuies sur une jambe puis sur une autre afin de répartir le poids de ton corps, aussi faible soit-il, et je n'imagine même pas ce que ça doit être lorsqu'on est une montagne de muscles dits ''virils''. Sur ce coup, je suis relativement d'accord avec mon frère lorsqu'il dit qu'être fin, c'est pas la joie, mais avoir une tonne de muscles, c'est à la fois presque inhumain et hideux sur les bords. Quoique venant de celui qui se plaint de sa carrure trop fine, la mauvaise foi est maître de ses mots à ce niveau là, et puis c'est mon frère, cet éternel abruti que je suis quand même bien content d'avoir. Et ça ne me débarrasse ni de mes jambe endolories, ni de mes bras qui vont bientôt finir ankylosés à ce rythme, les joies d'être prévoyant uniquement à court terme et encore je n'ai pas pris tout ce qui aurait pu être utile, sinon ça m'aurait enterré tellement je n'y connais rien. C'est aussi peut-être un peu parce que je sèche les cours d'art cela dit, n'étant assidu qu'envers Hamamiya-sensei et Nash-sensei vu leurs matières quoique le premier...le second aussi en fait...oui bon je ne suis pas un modèle depuis que j'ai appris qu'on pouvait esquiver les cours, je le reconnais et je ne m'en porte pas mal, merci de vous en inquiéter. Tout ça pour dire que pendant que j'attends dans le vide, je naviguais beaucoup dans mes pensées, et que je ne savais pas pendant encore combien de temps ça allait durer jusqu'à ce que la porte s'ouvre. À ce moment là, je dus me retenir de ne pas crier ''Des bonbons ou un sort !'' tant l'ouverture de la porte me rappelait ces scènes à Halloween où les enfants déguisés venaient énerver leurs voisins pour se recharger en sucre et ils avaient raison. J'aurais bien aimé le faire, mais comme mon frère faisait déjà ça, c'était plus drôle de lui piquer sa récolte.

« Ah euh, bredouillai-je, non...c'est moi euh...désolé pour l'attente et...pour le...dérangement... »

J'hésitais presque à rentrer dans ma propre chambre tant je me sentais coupable de causer autant de désagrément envers lui. Entre l'attente de plusieurs plombes que je lui ai faite subir, mon incapacité à me décharger de ce que j'ai pris et en plus, le fait de n'avoir probablement pas pris ce qu'il voulait sous prétexte que je ne le pouvais pas, le malaise avait vite fait de s'installer avant que je ne me décide enfin à entrer, après un moment d'absence que je n'espérai pas trop long. Ce devait être le soupir de soulagement qui a dû provoquer ça, comme le sentiment d'être infantilisé en fait. Après ça, alors que mon camarade se posait sur la chaise à mon bureau -soit la seule présente dans cette pièce en fait- j'en profitai rapidement pour baisser le cadre photo qui était dessus, pour ne pas que le sujet ne soit évoqué à l'avenir, et partis me poser -comprendre ici m'avachir- sur mon lit pendant qu'il approchait la poubelle. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire d'autre de toute façon puisqu'il était occupé à son calepin. C'est vrai que je n'avais pas pu lui donner énormément de papier vu que mes bras étaient surtout chargés de peintures, peut-être que j'aurais dû faire un effort et puis...oh bordel je crois que je n'ai jamais vu ma poubelle se remplir aussi rapidement ! C'était beaucoup de brouillons mais même lorsque je faisais un devoir littéraire je ne remplissais pas le contenant aussi vite ! Bon, je galère surtout pendant plusieurs heures devant une page blanche aussi, c'est pour ça. Après je m'acharnais à essayer de faire quelque chose de correct avant de finalement en avoir marre et de faire plus à la va-vite qu'autre chose histoire d'en être débarrasser. Enfin, on dirait quand même qu'il semble plutôt appliqué dans ce qu'il fait alors autant ne pas comparer ce qui ne peut pas l'être. L'hématome -ou les hématomes- à mon dos commençait à se faire sentir et histoire de ne pas m'allonger sur le lit au risque de passer pour rustre, je me contentai de m'appuyer dessus avec mes bras, tentant de réprimer cette envie qui avait mal choisi son moment pour se manifester.

Restait à savoir combien de temps j'allais devoir rester dans le silence avec une présence étrangère à mon cercle -comprenez ici, ma famille- sans savoir si j'appréciais trop ça ou pas. Je préférai ne rien dire et regarder à la fenêtre le soleil décliner, c'était plus reposant, je crois. En fait, je n'en savais pas grand chose au fond, c'est juste que je faisais souvent ça, peut-être parce que ça me rappelait mon patronyme, celui que je portais sans connaître l'identité de celui me l'ayant transmis. À moins que ce ne soit celui de ma mère, mais seuls celui, celle, ou ceux m'ayant abandonné à la naissance savent les raisons et les condition dudit abandon. Après, si je voulais vraiment connaître mes géniteurs...pas vraiment, j'y repense parfois, mais je ne désire pas tant que ça les connaître. À part peut être pour leur demander le pourquoi d'un prénom au sens qui ne me va pas. Je me disais que c'était parce que c'était un prénom applicable aux deux sexes comme tant d'autres pour compenser, mais je n'étais pas plus avancé, un prénom voulant dire ''briller'' ne m'ira probablement jamais de toute façon. Puis ma vision fut ''obstruée'' par quelque chose d'autre. Clignant plusieurs fois des yeux, j'ai juste après compris que Takebashi me tendait l'esquisse d'un dessin. Il me représentait sur ses épaules avec un ''merci'' sur le maillot, me demandant si ça me plaisait...attendez une minute là ! Je crois que j'ai loupé un ou plusieurs épisodes là ! Euh...je ne sais pas par ou commencer, soit par le fait qu'il se sente redevable alors que c'est moi qui lui en dois une, soit parce qu'il me fait carrément un dessin pour...pour me remercier...j'ai soudainement un coup de chaud là et inutile de préciser que je le ressens au niveau du visage, au vu de l'embarras que je suis en train de subir. Si je l'avais prévu celle là...commençant à baisser mon visage pour le détourner, je passai alors une main sur ma nuque en bégayant quelques mots peu intelligibles à cause de la gêne, avant que ça ne s'arrange, fort heureusement.

« Euh...oui...je...désolé je...et bien...je ne m'y attendais pas vraiment...alors... »

By Paysanne

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