Il y a ving-cinq ans de cela, naquirent les Tragiques Évènements qui ont plongé notre monde dans un profond Désespoir.. Aujourd'hui, le monde panse ses blessures.. Mais celui-ci n'a jamais vraiment disparu.
 

Partagez | 
 

 Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lyssandre Millers

avatar


Second avatar : Messages : 22
Date d'inscription : 26/01/2017

MessageSujet: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Mar 14 Fév - 17:02

Lorsque Lyssandre n’était pas penché sur ces livres, il lui arrivait parfois de donner un coup de main à l’infirmière du lycée. Cela arrivait même assez régulièrement, peut être trois à quatre fois par semaine pendant trois ou quatre heures. Enfin… dire qu’elle ne venait pas avec ses livres à l’infirmerie serait une erreur. En effet, il n’y avait pas un blessé ou un malade qui se présentait en ces lieux toutes les deux minutes… et c’était tant mieux d’une certaine manière !

Lors de ces heures vides, la lycéenne en troisième année s’occuper de taches simplettes comme gérer la paperasse, vérifier les stocks de médicaments et de matériaux médicaux… Elle prenait également le temps de ranger chaque chose à sa place certainement dû à son coté maniaque. Elle abhorrait la désorganisation et le désordre et faisait toujours en sorte de retrouver rapidement ce qu’elle cherchait car Dieu sait qu’elle détester ne pas trouver un objet précis alors qu’elle l’avait aperçu quelque minutes plus tôt.

Elle n’appréciait d’ailleurs que peu, sur l’instant du moins, que des personnes lui reprochent de vouloir tout ranger. Ses études l’avait obligé à suivre divers protocoles très strictes qu’elle respectait avec une grande rigueur… peut être parfois trop… mais c’était dans son caractère… elle essayait de corriger le tir, mais il était difficile d’aller contre et envers sa propre essence et cela aussi, elle le savait. Elle préférait faire les choses en grands plutôt qu’en petit, sa philosophie de vie était : « Qui peut le plus peut le moins ». Cela apportait son lot d’avantages et de désavantages. Après tout, personne n’est parfait !

Quoi qu’il en soit, elle prit la relève de l’infirmière à 13h tapante. La précision, toujours la précision… Lorsqu’elle pénétra aujourd’hui dans l’infirmerie, elle put voir qu’il y avait un élève en première année alité. Il semblait souffrir d’un mal de tête passager, rien de bien inquiétant en soit. Comme à son habitude, l’infirmière lui laissa prendre la tête des lieux en lui adressant un chaleureux sourire avant de partir. Elle précisa néanmoins aujourd’hui qu’une élève viendrait récupérer sa ventoline dans le courant du début d’après-midi.  

Si la première année, l’infirmière laissait un moyen à Lyssandre de la contacter rapidement, aujourd’hui ce n’était plus le cas. La gothique égalait –voir surpassait- le niveau de sa supérieur dans le domaine médical et cette dernière partait le cœur léger. Enfilant sa blouse blanche, Lyssandre commença son inspection des produits et nota sur un post-it qu’il faudrait bientôt  commander de nouvelles compresses et un stock d’ibuprofène.  Vers 13h45, une jeune fille entra et vient récupérer son appareil pour lutter contre les crises d’asthmes.

Peu de temps après, le première année qui se sentait mieux repartit vagabonder ailleurs laissant la gothique seul dans son antre. Elle envoya une note à l’intendance pour qu’il s’occupe de renouveler le nécessaire et reprit sa lecture de son livre sur la neurologie tout en prenant des notes sur son calepin avec un style supplanté d’une rose noire, sa fleur favorite. Plonger dans la lecture, elle tentait de comprendre divers mécanismes aux facettes complexes et tout en lisant, essayer d’assimiler une partie de ce qu’elle lisait.

Puis, à la vue du chiffre 3, elle repensa que c’était désormais sa dernière année en ces lieux, déjà deux ans qu’elle avait vécu ici… Que son père l’avait envoyé au Japon pour la sauver de l’effroyable ennui qui l’attendait dans sa propre demeure… Si elle lui en avait voulu au départ, elle lui en était aujourd’hui très reconnaissante. Alors qu’elle tentait de chasser certaines idées noires de son esprit une personne pénétra dans la pièce sans prévenir.

Lyssandre put observer un jeune homme maigre, aux corps squelettiques se tenir devant elle. Elle le connaissait,  pas de manière directe non, mais elle avait déjà entendu parler de lui. En effet, cet élève de première année était déjà venu à plusieurs reprises à l’infirmerie. D’après ce que lui avais dit la nurse, il souffrirait d’hypoglycémie et d’un manque de poids certains. La demoiselle se leva de son siège et accueilli le jeune homme avec un sourire tout en gardant un ton sérieux :

-Bonjour à toi, tu dois être Hikaru non ? J’ai un peu entendue parler de toi. Je suppose que tu es là car tu es en hypoglycémie non ? Ou alors peut être as-tu besoin d’autre chose ?


Lyssandre faisait partie des personnes qui ne perdait pas de temps en niaiserie et qui allait droit au but… parfois trop… Elle ne prenait que rarement le temps de vouvoyez autrui ou ce genre de chose. Ce qu’elle appréciait dans son travail, c’était la proximité avec « l’Humain.  Elle faisait toujours preuve d’un grand sérieux avec tous ces patients afin de répondre aux mieux à leurs besoins et ce n’est pas aujourd’hui qu’elle s’arrêtera de soigner !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hikaru Yuugure

Maître de la CB

Maître de la CB
avatar


Second avatar : Messages : 153
Date d'inscription : 12/08/2016

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Mer 15 Fév - 12:08

Ma santé ? Rien à battre.


Plus jamais, je dis bien, plus jamais je me pointe en cours de savoir-faire. Mais plus jamais de ce qu'il me reste de scolarité ! Cette prof m'énerve, et pas parce qu'elle est étrangère ou tout autre prétexte fallacieux, mais parce qu'elle est énervante, une plaie ! Avec elle, j'ai l'impression d'avoir une douzaine d'années en moins, et clairement, ça m'énerve ! Je n'ai pas besoin, et encore moins envie, qu'on me traite comme un gosse ! J'ai déjà un frère à la maison pour ça, et c'est franchement lourd, alors si on pouvait éviter d'en rajouter, ça serait sympa ! Voilà pourquoi je n'étais pas venu à la base, mais là, il a fallu qu'elle me surprenne dans les couloirs, à me battre contre un distributeur de barres récalcitrant, et en moins de temps qu'il en a fallu pour le dire, je me suis retrouvé cloué sur une chaise en plein cours de cette prof trop gentille...et trop collante...sérieusement, hommage à qui est capable de supporter ses cours plus de deux minutes, parce que je ne suis pas dans cette catégorie...quelle plaie. Et après elle s'étonne sur le pourquoi de ma non-venue dans ses cours. Pas parce que je passe pas mal de temps à l'infirmerie, non ! Même si ça pourrait être un bon motif, mais aussi parce qu'elle est insupportable ! Et bien évidemment, avec ma carrure de gringalet, et ma tête de mort-vivant, ça n'a pas raté. Sans oublié les quelques repas que j'ai raté mais ça...c'est plutôt habituel. Du coup je tiens jusqu'à m'écrouler, mais c'est sans compter sur la prof qui me regarde, longtemps, trop longtemps, et qui fait tomber le verdict. Avec mon air pâle, et encore elle est gentille parce que je sais que j'ai une sale tête, mais j'avais juste un mal de crâne ainsi qu'une légère envie de vomir, mais c'était tout ! Mais non, il a fallu qu'elle déclame la nécessité de m'envoyer à l'infirmerie et visiblement, ce n'était pas négociable, déjà que je suis rarement de bonne humeur...là, ça risque d'être pire...et ça ne fait pas que risquer.

Du coup, se la farcir tout au long du trajet salle de cours-infirmerie, c'était pas génial, mais je ne vous parle pas de son interrogatoire. Pire que mon frère et encore je suis gentil, avec ses questions à répétition sur ma santé, sur mon état mental. Mais bordel, si j'avais voulu de l'aide je l'aurais demandé plus tôt ! Et puis qu'est-ce que ça peut lui foutre que le peu de fois où j'arrive à dormir, je dors mal, et que j'ai même pas envie de manger alors que je sais que j'en ai besoin ?! Je veux juste qu'elle me foute la paix, elle et tout le reste ! Mais non, je l'ai eue sur le dos durant tout le chemin, et jusqu'à ce qu'on soit devant, où elle m'a limite poussé pour que s'assurer que j'y sois. Chez moi, ça s'appelle mettre quelqu'un au pied du mur, et c'était mon cas, la fuite était...impossible. Quelle plaie. Je n'avais pas d'autre mot, j'étais coincé dans ce bâtiment que je visitais un peu trop souvent, et quand c'est pas Takebashi qui m'y emmène lorsque je suis inconscient, il faut que ce soit elle...je ne vous remercierai jamais assez madame, de me coller autant. Je peux me démerder tout seul bordel ! Enfin, maintenant que je connais les mécaniques, je sais ce qu'il me reste à faire, soit fermer ma gueule et énerver suffisamment l'infirmière pour qu'elle me refile ce dont je n'ai pas besoin et pouvoir me casser en vitesse, parce que déjà, je ne me sens pas en confiance, comme toujours, même si je dois beaucoup au corps médical...ils ont fait ce qu'ils ont pu pour sauver ma famille, et j'espère quand même qu'ils sauveront ma sœur une deuxième fois. N'y pense pas Hikaru, là, tu dois te sortir du pétrin de l'infirmerie, et le plus dur reste à faire, soit éviter qu'elle ne prenne mon pouls et ma tension, hors de question de me déshabiller ! Et puis, elle devrait être habituée à me voir maintenant...quoique...changement de plan, je ne sais pas ce que vais faire là !

Dès que j'ai entendu la voix, j'ai compris que c'était pas l'infirmière que j'avais l'habitude de voir, et la personne ne question confirma mon impression. C'était une fille, sûrement plus âgée que moi, dont la spécialité devait être dans la médecine, sinon elle ne serait pas là, à moins qu'elle ne remplace l'infirmière, partie je ne sais pas trop où, et je n'en ai pas grand chose à faire -comme de ma santé diront les mauvaises langues- mais ça ne m'arrange pas, parce que je ne sais pas comment agit cette fille. Tout ce que je sais, c'est que derrière sa blouse blanche, c'est une...gothique je crois. C'est ça, merci Seïa-onii-chan, même si je maintiens qu'il n'y a aucune chance pour que notre sœur porte du gothic lolita un jour, contrairement à ce que tu souhaites. Ma foi, elle peut bien porter ce qu'elle veut, quand on sait que je porte en quasi permanence une capuche sur ma tête même quand il ne pleut pas...enfin, je suis surtout ici pour me casser au plus tôt, savoir son style vestimentaire ne m'aidera pas à décarrer plus vite. Mais avec cette nouvelle personne, je ne sais pas comment faire pour qu'elle me lâche la grappe, car déjà, rien qu'à l'entendre, je sens que ça va pas être une mince affaire. Qu'importe, comme pour l'infirmière, je l'aurai à l'usure, et ça va commencer maintenant. Déjà, elle vient aux faits, elle prend pas cinquante plombes, c'est déjà ça de gagné, j'imagine que l’infirmière lui a parlé de mon cas, ça commence bien...façon de parler parce que j'aurais préféré éviter, mais bon, vu que la gent féminine et une certaine personne se liguent sous prétexte que ''si [je] ne fais rien pour [m]a santé, [je] ne [me] réveillera[i] jamais d'une de [m]es siestes à l'infirmerie''. Même si ça ne dérangerait personne et surtout pas moi, ça je peux vous le garantir. Et puis mourir en dormant, ça reste quand même pas mal, un peu trop gentillet mais bon, la mort doit bien arriver à tous, à nous de décider si on veut lui serrer la main plus tôt ou non.

Je préfère ne pas me pencher plus longtemps sur la question, car je viens de me rappeler qu'en plus de sortir de l'infirmerie j'ai un autre problème à résoudre...un problème nommé Seïa-onii-chan, mon frère et actuel tuteur légal. Par voie de conséquence, il est averti dès qu'il se passe quelque chose me concernant, de la sortie scolaire...au passage à l'infirmerie. Et je ne vais pas pouvoir me défiler longtemps face à ses interrogatoires, vu que c'est loin d'être la première fois, et qu'en plus, il est loin d'être débile dès que ça concerne ses cadets. Traduction, il va se douter de quelque chose, correction, il se doute déjà de quelque chose vu que j'ai pas voulu rentrer pour les vacances. Et pour cause, je sais que je vais encore avoir droit à ses engueulades lorsqu'il verra ma tête et ma perte de poids, alors qu'il avait galéré à m'en faire reprendre depuis mon dernier passage à l'hôpital...mais là est une toute autre histoire que je ne tiens pas à dévoiler. Et surtout, il va encore me coller pour me sortir d'une situation où je me suis mis et dont je n'ai rien à battre...quel abruti. Si il est averti encore une fois de mon passage, le peu de tranquillité que j'arrive à négocier en ces murs mourra, jusque là, j'ai réussi à convaincre l'infirmière de ne pas lui parler de la cause de mes passages, mais avec cette fille, je ne sais pas sur quel tableau jouer, à part espérer, il n'y a pas grand chose que je puisse faire. Ouais, j'en suis réduit à compter sur ma chance pour qu'elle ne dise rien à mon frère, j'ai pas envie qu'il s'inquiète pour moi, je n'en vaux pas la peine après tout, il a plus important à faire que de s'occuper du pathétique petit frère que je suis, définitivement. Il en a déjà assez fait, et je me sens suffisamment coupable d'avoir réduit ses efforts à néant pour ne pas le rendre encore plus mal qu'il l'est déjà. Je suis seul responsable de ce qui nous arrive, je le sais...

« C'est ça, Hikaru Yuugure, confirmai-je d'un ton morne qui traduisait ma non-envie d'être là, ma prof m'a forcé à venir ici avant le malaise...mais rien de grave, j'ai l'habitude maintenant. Et vous êtes ? »

Je sais que c'est pas comme ça qu'on met fin à une conversation, mais je veux quand même savoir à qui je parle, c'est la moindre des choses !

By Paysanne

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lyssandre Millers

avatar


Second avatar : Messages : 22
Date d'inscription : 26/01/2017

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Ven 17 Fév - 17:53

Lyssandre pouvait rapidement comprendre que le personnage qui se tenait en face d’elle n’était pas de ceux qui venaient faire un détour  à l’infirmerie pour faire sécher un cours et parfois rater un contrôle. Ou alors l’étudiant de première année possédait un véritable talent en comédie ce qui était aussi plausible. La doctoresse ne comptait plus le nombre de fois où elle avait été usurpée… faisant son travail avec grande rigueur, elle partait du principe qu’un patient ne mentait que rarement… et elle s’était vite rendu compte que cette théorie ne collait absolument pas avec la réalité. A vrai dire, elle ne comprenait tout simplement pas pourquoi certaines personnes mentaient sur leurs états de santé. Si effectivement, la demoiselle comprenait l’utilité du mensonge mais, lorsque cela concernait la propre vie de l’individu…

Elle écouta l’étudiant confirmait son identité et au vu de son ton cafardeux, elle pouvait sentir qu’Hiraku n’était pas ravie de se trouver en ces lieux. Ce qui était plutôt logique. Les personnes n’aiment que rarement aller à l’hôpital de manière générale. Après il y a toujours certains cas un peu particulier un peu comme les hypocondriaques quoiqu’au final c’était à se demander si venir dans les services publics de santé ne leurs faisait pas plus de mal qu’autre chose. Mais bon, il fallait un peu de tout dans ce beau monde n’est-ce pas ?

L’étudiante en chirurgie s’empressa de répondre sur un ton calme toujours en gardant un air sérieux :

- C’est vrai que tu es nouveau donc tu ne dois pas encore me connaitre. Je suis Lyssandre Millers. Je viens filer un coup de main à l’infirmière plusieurs fois par semaine. Ah et au fait tu me tutoyer. Comme tu peux t’en rendre compte, je ne suis pas une fana de toutes ces marques de politesses que je trouve un peu  superflue. Enfin ce n’est que mon avis. Fait comme à ton aise !

Elle se leva promptement du dossier sur lequel elle était accolée et repris :

- Trèves de bavardages, futiles, je te prierais de venir t’installer sur le cabinet médical que tu vois là. J’aimerais bien prendre ton pouls et connaitre ta tension.

Vu la maigreur apparente que pouvait voir Lyssandre, il était certain qu’Hikaru était en sous poids. De plus, en regardant succinctement son dossier médical, elle put se rendre rapidement compte que l’élève faisait des malaises plutôt récurrents. D’après les analyses médicales, il ne souffrait pas apparemment de diabète ou d’une quelconque maladie liée de près ou de loin à l’assimilation du glucose par le corps.  Encore un de ces jeunes qui ne mange pas soupira intérieurement Lyssandre.

Elle se dirigea par la suite vers le petit frigo de l’infirmerie pour découvrir qu’il ne restait  guère de choix pour les jus de fruits… se sera du jus d’orange. Voilà autre chose qu’il faudra penser à racheter pensait-elle… après tout, on ne sait jamais si un élève est allergique aux nectarines. En tout cas l’infirmière avait écouter Lyssandre lorsque celle-ci lui disait d’acheter des jus de fruits en briques faites de carton où la lumière ne pouvait pas passer à travers la transparence d’un plastique et détruire les vitamines.
La doctoresse prit la brique et dit :

- Je suis désolé il ne nous reste que du jus d’orange pour le coup. Si tu préfères, il y a de l’eau sucrée même si cela est assez déplaisant pour les papilles.

Elle se retourna vers Hikaru et remarqua qu’il n’avait pas bougé :

- Y a-t-il un souci en particulier pour que tu restes planté là comme un poteau ? poursuivait-elle en claquant la porte du frigidaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hikaru Yuugure

Maître de la CB

Maître de la CB
avatar


Second avatar : Messages : 153
Date d'inscription : 12/08/2016

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Mar 21 Fév - 13:33

Bordel pas ça...


Millers hein ? Pour sûr, ce n'est pas japonais, pourtant, elle le parle très bien, pas d'accent, ni rien, je lui tirerai presque le chapeau que je n'ai pas. Cela fait donc un nom à retenir, car je sens que je vais souvent la voir. Mais déjà, elle est plus appréciable que l'infirmière, plus directe, j'ai du mal avec ceux qui prennent des pincettes. Moi même je n'en prends pas, -même si des fois je le sens passer- c'est dire. Plutôt calme, ça a le mérite d'être reposant, c'est vrai que dans les murs de l'académie, même la bibliothèque était bruyante, du coup, l'infirmerie était le seul endroit disponible pour le grand adepte du silence que je suis...enfin en temps normal, puisque là, à force d'y aller, je commence à avoir du mal avec l'endroit. J'ai jamais dit que je méprisais les médecins et autres professions médicales, ce serait mentir, mais si on pouvait me foutre la paix et arrêter de me mettre dans leurs pattes, ça serait mieux pour tout le monde, ils ont plus important à faire que de s'occuper de recharger les réserves de sucre de quelqu'un qui n'a même pas envie d'en prendre alors que c'est ce qu'il préfère...non, sérieusement, vu mon état actuel, que je ne suis pas assez débile pour ignorer, mieux vaut pas que mon passage soit connu de mon frère, notre relation sur le fil en dépend. Évidemment que j'ai rechuté dans mes travers, et j'arrive pas à me démerder seul pour continuer le travail de mon frère, mais bon, ce n'est pas comme si j'étais le seul à penser ça de moi, ce qui prouve que ce que j'avance est vrai Je crois que je me suis habitué, à ne jamais aller ''bien''. Mais maintenant, ce qu'il me faut savoir, c'est ce qu'elle va me sortir ensuite, vu que je ne lui ai répondu qu'en hochant la tête, signe que je prenais sa remarque en compte. Moi même n'étais pas à l'aise avec ces futilités, mais je crois qu'il en faut un minimum quand on débute une conversation avec un inconnu, j'ai été élevé comme ça !

Et en plus, je ne suis pas à l'aise avec ma chance...ou plutôt, comme le sommeil, elle a décidé de se faire la malle aujourd'hui...quoique entre le négociateur, l'infirmière et maintenant elle, j'aurais dû me douter que c'était pas gagné pour que le hasard vienne défendre ma cause. Oui bon, et aussi parce que je ne crois pas trop en la chance, voire pas du tout, mais c'est pas ça qui va changer mon opinion sur le sujet, au contraire. Du coup, c'est un peu le drame là, où mon cerveau déjà douloureux va devoir être sollicité pour trouver au plus vite, un moyen d'éviter à avoir à retirer mon haut et mes mitaines. Bordel, de tous les scénario, faut qu'elle commence par ça. Alors je veux bien que ce soit des trucs de base, mais c'est vraiment obligé ? Je veux dire, on pourrait croire comme ça que le fait de me faire ausculter par le sexe opposé me gêne, mais c'est un petit peu plus compliqué que ça vu que je ne porte pas des vêtements pour rien, ce qui fait que je n'apprécie pas vraiment -pas du tout- l'idée de devoir retirer ce que je porte. On va dire que je suis pudique, mais bon, je me soigne, bientôt, des mitaines, je pourrais passer au bracelet de sport, il y a du progrès non ? C'est dans ces moments là que je vois que je suis relativement -très- mauvais menteur, même à moi même, alors que ça m'aiderait parfois. Mais bon sang, je fais quoi moi pour éviter ça ?! Je ne suis pas en état de courir -la prof de sport témoignera pour moi- donc cette idée, à la poubelle. Essayer de trouver une excuse ? Je l'ai dit plutôt, la troisième raison pour laquelle je ne mens pas outre le fait que j'aime pas ça et que c'est dans mon éducation, c'est que je suis nul en la matière. Bon sang, il faut que je trouve un moyen de me sortir de ce pétrin, parce que je retire, cette fille est encore pire que l'infirmière.

Bon, pour le moment, elle va au frigo. Je connais la procédure, je vais encore avoir droit à une boisson pour me remettre sur les rails. Ça me laisse le temps de réfléchir à un plan pour ne pas me ''dévoiler''. Alors certes, la dernière fois que je l'ai fait, c'était avec Takebashi, mais c'était juste mon dos que j'ai dû montrer, où à part des hématomes causés par ce que je portais, et qui m'a fait tomber, je ne risquais rien ! Mais en même temps, je me demande ce qu'il y a. J'aime pas trop le jus de raisin, j'ai plus une préférence pour le jus de pomme, à défaut d'autre chose, donc j'espère qu'il en reste, mais bon, je ne dois quand même pas être le seul élève ici à avoir perdu pas mal de poids...enfin j'espère, sinon je passe vraiment pour le gringalet des gringalets ! Et là, rien que par fierté, je ferai peut être l'effort de tenir la résolution que j'ai prise la dernière fois ! Même si ce n'est pas un bon motif, j'éviterais peut être quelques dégâts avec mon frère...qu'importe si je suis plutôt mal barré si je m'y mets maintenant. Ma tête ! Le mur ! Vite ! Et une chute d'évitée, une, merci le mur, mon plus fidèle compagnon depuis le milieu de ma dernière année de collège, même si t'as été plusieurs fois une source de douleur aussi, t'es quand même un bon appui en toutes circonstances. Ça n'empêche pas ma tête de tourner comme jamais, mais ça devrait aller, je tâchai de me reprendre avant qu'elle ne remarque quelque chose. Rappelons que mon but est de partir d'ici dès que possible, alors il suffit que je montre le moindre signe de faiblesse et les carottes sont cuites pour moi. Même si là, c'est jus d'orange ou truc pas très agréable, je crois que je n'ai pas trop le choix concernant ce que je vais ingurgiter...si mon corps le fait passer, mais sans autre possibilité, on va faire avec, sauf que ce ne sera pas une mince affaire, comme pour ce qui est de dégager de là je suppose...

Néanmoins, à force de la regarder, je suis saisi d'une forme d'admiration pour son attitude. Pour avoir eu affaire à eux plusieurs fois, je sais que la vie de médecin n'est pas des plus faciles. Ils font de leur mieux pour sauver des vies, mais ils n'y arrivent pas toujours, et vivre avec ces échecs, la douleur de la famille, je suis sûr qu'ils ont encore plus de peine que nous lorsqu'ils annoncent la perte d'un être proche. Est-ce que c'est la satisfaction d'avoir sauvé d'autres vies qui leur permet de tenir le coup ? Je vois bien l'état dans lequel perdre prochainement ma sœur me met, je ne serai sûrement pas capable d'endurer une telle profession, outre le fait que mon appréciation des gens n'est pas suffisante pour que je désire sauver leurs vies. Mais j'ai toujours pensé qu'il fallait vraiment être fort pour exercer dans la médecine du coup, je ne peux pas m'empêcher malgré tout, d'avoir du respect à l'égard de Millers, qui me semble quand même bien jeune pour la profession, mais si elle est étudiante ici, ce que je pense, elle doit avoir un titre en rapport, je garde ça pour ma prochaine visite, mais si c'est le cas, j'imagine qu'elle n'est pas en première année, sinon, elle ne m'aurait jamais appelé « nouveau », je suis un première année, pas un transféré ! Donc deuxième ou troisième année, là n'est pas la question alors qu'elle me fit revenir sur terre. Mais j'étais passé où moi ?! Je crois que le manque de sucre me fait peut être délirer. Ou peut être que ça se voit que j'ai oublié où j'étais notamment parce que je n'avais pas envie d'être là. Enfin le truc, c'est que j'aurais préféré partir physiquement, plutôt que dans mes pensées...ce qui n'est pas bon, je veux pas qu'elle pense que je suis au bord du malaise. Faut que je me reprenne un minimum ou je suis bon pour rester coincé ici ! Je fis quelques pas en avant, dans un soupir, ça faisait longtemps tiens. Évitant soigneusement de tanguer ou de tomber, j'essayais de formuler une réponse ne se voulant pas trop rude, elle ne faisait que son boulot après tout.

« Désolé j'étais ailleurs, m'excusai-je brièvement, va pour le jus d'orange alors, dis-je un peu dépité malgré moi, mais...c'est vraiment obligé de prendre mon pouls et ma tension ? »

By Paysanne

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lyssandre Millers

avatar


Second avatar : Messages : 22
Date d'inscription : 26/01/2017

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Mer 1 Mar - 14:09

Lyssandre ne pouvait s’arrêter de se demander s’il n’allait pas faire une rechute. Elle pouvait remarquer que ses yeux trahissaient vivement le fait qu’il était tous sauf ici. Autant dire qu’il fallait mieux qu’elle garde un œil attentif. Mieux valait prévenir que guérir après tout. Surtout qu’avec un peu de malchance, il souffrait peut être de certaines carences au niveau osseux donc éviter une chute était préférable . Malgré le temps que la jeune demoiselle avait déjà passé dans le corps hospitalier, elle ressentait toujours un mal-être lorsqu’elle voyait des personnes aussi fines.

Cela était assez paradoxale, car voir une brûlure du second degré ou des poches de pus ne la dérangeait pas véritablement en soit et si pour le commun des mortels cela paraissait répugnant, elle trouvait cela au contraire intéressant. C’est peut-être dans ces moments là que les gens de sa profession  paraissaient le plus déconnectés de la réalité. Les horreurs provoquent en eux certaines jouissances internes. Certainement dut aux durs labeurs effectués en amont et à la résistance psychologique gagnée…  De plus, il valait mieux être préparé à voir des immondices dans leurs formations. Après tout, le temps que prenait un médecin pour réagir était crucial et si à chaque fois que l’un d’entre eux voyait du sang , il ne perdrait de cesse dix secondes à passer outre cette peur primaire et il est ainsi certain que les urgentistes pourraient devenir le service de la morgue deuxième du nom. Fort heureusement ce n’était pas le cas. Quoiqu’il en soit, l’habitude de voir des gangrènes et autres joies médicales avaient rendus Lyssandre petit à petit imperméable et lui permettait de réagir efficacement en un minimum de temps.  

En fait, plus elle y pensait et plus elle comprenait d’où pouvait provenir son malaise. Ce n’était pas en soit la faiblesse de la carrure de son interlocuteur qui la faisait tiquer mais plutôt ses interprétations sur leurs actions. En effet, avec les exigences extrêmes du mannequinat couplées avec certains logiciels photographiques, de cause à conséquence, cela  rendaient de nombreuses personnes honteuses de leurs quelques kilos en trop. Des personnes s’arrêtaient littéralement de se nourrir pour perdre ce qu’ils pensaient superflus. Combien de cas elle avait vu aux urgences pour ce genre de problèmes ? L’anorexie était devenue un véritable mal qui touchait aussi bien les jeunes que certaines personnes plus âgées. Selon elle, c’était navrant de voir à quel point l’Homme pouvait parfois se montrer aussi stupide… à toujours vouloir aller à l’encontre des lois que Mère Nature nous imposait…  Combien de fois des patients auraient pu tout simplement éviter un séjour à l’hôpital s’ils avaient un minimum soigné  leurs hygiènes de vie… heureusement que tout le monde ne se laissait pas aller à ce genre de comportements…

Enfin bref, la personne qui se tenait face à elle ne semblait pas être l’un de ses accro à la mode vu la dégaine qu’il avait… c’était déjà cela de réglé. Enfin… elle se reprenait, « réglé » était peut-être un peu vite dit. Surtout lorsqu’elle entendit ce qui suivit les excuses de son camarade. Elle ne put s’empêcher de sortir un léger « Mana » qui était en quelque sorte l’équivalent d’un soupir chez elle. Car oui, la lycéenne n’aimait pas soupirer. Elle trouvait cela déprimant et impoli et c'est avec des amis datant du collège qu’elle avait mis au point ce singulier mot qui n’avait aucun sens véritable. Il fallait qu’elle évite de trop déraper afin d’éviter la confrontation. Lyssandre savait que certaines personnes n’apprécier que peu se faire ausculter et d’une certaine  trop pudique. Elle l’avait compris, elle allait devoir prendre des pincettes pour parvenir à ses fins. C’est avec sa douce voix qu’elle prit la parole tout en s’avançant vers le cabinet:

-Cela n’est guère plaisant mais comme cela est la troisième fois que tu viens à l’infirmerie en peu de temps… Si tu le désires vraiment je peux exceptionnellement prendre ton pouls en posant mes doigts au-dessus de ton poignet. Par contre je vais quand même devoir utiliser le brassard pour prendre ta tension.

Tout en terminant ma phrase je lui donnais la brique de jus d’orange et allât installer sur le cuir du cabinet le papier pour éviter tout contact physique directe entre ce dernier et le patient.

-Je t’en prie, viens t’installer cela ne devrait normalement pas être long.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hikaru Yuugure

Maître de la CB

Maître de la CB
avatar


Second avatar : Messages : 153
Date d'inscription : 12/08/2016

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Jeu 2 Mar - 15:24

Sauvé ? Je ne crois pas...


Si j'avais éprouvé le moindre intérêt à mon apparence, peut-être que j'aurai pu passer pour un anorexique, mais le fait est que c'est un trait presque commun dans la famille que de ne pas se soucier de ce qu'on appelle ''la beauté''. Au grand dam de mon frère qui s'acharne à vouloir nous faire porter autre chose. Bah tout le monde n'est pas de base gâté par la nature cher Seïa-onii-chan, et puis au moins, je te sers de faire-valoir, qu'est-ce que tu demandes de plus franchement ? Enfin, je ne comprendrai sûrement jamais ce qui se passe dans le grain de riz qui sert de cerveau à mon frère et des fois, je me dis que ce n'est pas plus mal, ou bien c'est moi qui y perdrait des neurones. Mais le plus important, c'est que Millers ne mentionne en aucun cas celui-ci, ce qui a l'avantage de me rassurer. Soit elle ne dira rien dans le meilleur des cas, soit dans le pire, ça me laisse du temps pour lui expliquer que non, il n'a pas besoin d'être averti de mon troisième passage à l'infirmerie en environ deux semaines si ma mémoire est correcte...et ça fait beaucoup, peut être que je devrais rester dans ma chambre pour qu'on me foute la paix, mais mon frère a visiblement un don pour savoir quand je suis en cours et quand je n'y suis pas...correction, c'est juste que je ne sais pas mentir, donc j'adopte la stratégie de ne pas répondre mais il insiste vu que je ne l’éteins que quand je vais en cours, et que le répondeur indique si justement, j'ai pas décroché où si je ne l'ai pas allumé...faudrait vraiment que je pense un jour à éteindre mon portable même quand je sèche histoire de me rendre plus crédible. Mais bon, je ne vais pas changer mon frère aussi facilement, ce serait trop beau, et je n'en ai pas envie. Comme je n'ai pas envie d'éteindre mon portable quand je sèche vu que c'est le genre de modèle qui met trois plombes pour s'allumer...d'après ma subjectivité et mon impatience naturelle.

J'entendis alors un « mana » résonner dans la salle, inutile de préciser de qui ça venait, on est que deux dans la pièce et j'ai pas pipé mot depuis ma question. J'ai bien cru qu'elle disait « eh bien » mais ça ressemblait à un soupir dissimulé. Quelle plaie. Sachant que les soupirs étaient ce qui sortaient le plus souvent de ma bouche après les bâillements et quelques paroles rudes mais je m'en fous, j'ai très vite abandonné l'idée de tenter de les cacher et qu'importe si ça m'énerve de paraître impoli, c'était ça ou un chapelet de jurons, le choix est, de ce que j'estime, très vite fait. Parce qu'entre impolitesse et injustice, sans vouloir faire de piques à mon frère, il y a une sacrée marge quand même. Mais ça ne regarde que moi je suppose, et qu'importe si ça l'énerve le fait de ne pas avoir envie de me déshabiller devant elle, si j'ai pas envie, je vois pas pourquoi je le cacherai, c'est ça aussi, l'honnêteté radicale. Et là, vous pouvez repérer la pique que je lance à mon frère qui juge qu'il n'y a rien de tel que de prêcher le faux pour savoir le vrai, pique que j'assume vu que c'est aussi pour ça qu'on se dispute. On se dispute pour beaucoup de choses, certes, et je ne vais pas lister tous les sujets, à la fin de ma scolarité ici, j'y serai encore, vu qu'on ne fait que ça quand il n'y a personne pour nous canaliser...c'est Seïa-onii-chan quoi ! Et des fois, je m'en passerai volontiers...d'autres fois...on va dire que c'est pas si mal que ça que de l'avoir comme grand frère. Mais des fois seulement, faut pas abuser non plus ! En tout cas, elle a compris que ça n'allait pas être facile de me faire faire ce qu'elle veut. Ce qui est logique vu que je respire l'envie de partir par tous les pores de ma peau, ce qui n'est clairement pas agréable pour mon interlocutrice, certes, mais je vous renverrai juste à mes pensées de plus tôt sur ma non envie de forcer mes réactions.

Et là, bon, elle aura compris que ça me plaisait pas, mais si c'est me confirmer que l'infirmière lui fait confiance, autant dire que ça sent le roussi pour moi. Je ne sais pas à quel point elle en a dit sur mon compte, mais j'espère pour moi qu'elle n'a pas eu la langue trop pendue, sinon, trouver une excuse pour cacher ce fait à mon frère sera définitivement mission impossible...d'autant plus que comme elle le rappelle si bien, c'est mon troisième passage en peu de temps, soit environ une quinzaine de jours, et le premier où je suis encore conscient...les deux autres, je m'étais réveillé là, alors que j'étais en cours...je suis vraiment désolé Takebashi, c'est tout ce que je peux dire pour ma défense. Mais bon, la bonne nouvelle qui vient de surgir est le compromis qu'elle propose. C'est déjà ça, j'aurais pas à me déshabiller. Même si je sais ce que veut dire exceptionnel et que ça m'ennuie pas mal. J'aurais préféré que ce soit fait plus souvent, mais je ne sais pas si je vais la revoir. Bon d'accord, il y a de fortes chances, mais je peux toujours espérer, si jamais elle assiste aux cours que propose l'académie, à moins de posséder le don d'ubiquité, je devrais pourvoir l'éviter un peu, parce que je sens que c'est pas le genre de fille qui lâche facilement l'affaire dans son domaine. Soit actuellement, ma santé, chose dont je n'ai prodigieusement rien à battre contrairement à elle. Mais bon, jusqu'ici je devrai pouvoir m'en sortir, ce n'est pas la première fois. Encore heureux que sous ma veste, j'ai mis la chemise à manches courtes, vu comme le chauffage fonctionne bien à Kibougamine, ce sera plus pratique pour nous. Mais faut juste que je fasse gaffe à mes gestes, mais c'est pas la première fois que je me prête à l'exercice, du coup je maîtrise. Au moins, dans tout ce merdier, j'ai une partie de la situation qui est sous contrôle...reste à voir la suite, qui va s'enclencher avec ma réponse. Courage, ne fuyons pas, et répondons à la demoiselle.

« J'ai compris, soupirai-je en commençant à retirer ma veste, on fait comme ça alors, si c'est vraiment nécessaire. Merci pour le jus. »

J'avais fini de retirer mon bras gauche quand je mis mon bras droit devant moi afin de me défaire de la dernière manche, passant ensuite expressément le vêtement autour du dernier bras que j'ai libéré. C'était gênant à vrai dire, vu que la veste camouflait un minimum ma maigreur, surtout au niveau des bras, mais bon, on a pas toujours le choix. Je pris alors le jus d'orange dont j'ouvris le sachet contenant la paille pour la planter dans l'opercule. C'est parti pour tirer la gueule fut ma seule pensée lorsque je commençais à boire. C'était vraiment dégueulasse comme pas permis. C'est amer, ça pique, il y a les filaments qui rentrent dans les dents, ça te file une haleine comme pas permis, mais sérieusement qui a eu l'idée géniale d'écraser de pauvres oranges innocentes pour en sortir cette mixture immonde qui donne juste envie de tout recracher ? Par chance, ou par malchance, je n'étais pas en position de faire le difficile, alors je me forçai à avaler. C'était ça où encore un malaise, mais dans ce cas là, je crois que j'aurai préféré perdre connaissance. Allez, technique de mon frère, comme quoi il ne sert pas à rien, on prend son courage à deux mains, on avale très vite l'abject contenu de la brique, et une fois fini, on jette le contenant dans une poubelle pas trop loin en se sentant soulagé et très fort d'avoir réussi à finir ce truc en un temps record. Et ça, pendant qu'elle installait le papier sur le cabinet. Car quand faut y aller, on ne peut pas reculer plus l'échéance, je l'ai déjà bien assez fait, fallait que ça me retombe dessus un jour ou l'autre. Du coup, essuyant ma bouche de la main gauche, je lâchai encore un soupir. Je sens que je vais l'énerver avec ça, mais là, c'est plus le genre de soupir de soulagement à l'idée de s'être débarrassé de ce qu'on appelle une boisson qui n'est clairement pas agréable pour un yen. En tout cas, j'espère vraiment que ce qu'elle dit est vrai lorsqu'elle déclare que ce ne sera pas long, bien que je me permette d'émettre quelques doutes sur le sujet.

« J'arrive, dis-je en m'avançant jusqu'à pouvoir m'asseoir sur le cabinet,  plus vite c'est fait... »

Plus vite je pourrai m'en aller...

By Paysanne

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lyssandre Millers

avatar


Second avatar : Messages : 22
Date d'inscription : 26/01/2017

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Ven 3 Mar - 21:57

Lyssandre sentait que son camarade n’était pas ravi d’être là. Elle ne savait pas où se placer vis-à-vis de son camarade. D’une certaine manière, elle pouvait voir qu’il était embêté d’être là et encore le mot « embêter » était bien faible.  Toutefois, d’un autre côté, elle devait suivre les préceptes de médecine qu’on lui avait inculqués. Venir plusieurs fois à l’infirmerie en aussi peu de temps, ce n’était pas normal. On ne fait pas des malaises à répétition sans raison. Elle était par ailleurs certaine que la faible masse corporelle d’Hikaru n’était pas sans lien avec ces problèmes. Elle se demandait si elle n’allait pas approfondir son expertise médicale.

Elle savait que son interlocuteur n’était pas très ouvert mais elle ne pouvait se résigner à ne pas en savoir plus. Le rôle de docteur ne s’arrête pas au simple fait de soigner mais aussi de prévenir. Les médecins sont normalement  les garants de la bonne santé et il était hors de question pour Lyssandre de commencer à se montrer laxiste envers ses patients tout simplement car il n’était pas ravi d’aller à l’infirmerie. Si l’école lui avait donné le droit d’exercer ici c’est qu’elle avait confiance en elle. Même si cela ne lui plaisait pas vraiment d’aller contre la volonté de ses patients, elle allait devoir poser au maigrelet quelques questions.

Une fois celui-ci installé, elle lui indiqua de tendre le bras et de retourner sa paume vers le haut. Elle posa par la suite son index, son majeur et son annuaire sur l’avant-bras du lycéen. Il avait de la chance, bien qu’assez faible, elle pouvait le percevoir. Elle lui indiqua de ne pas bouger ni parler le temps qu’elle prenne son pouls. Elle répéta ainsi trois fois l’opération sur un laps de temps de trente secondes afin de réduire les marges d’erreurs. Elle fit rapidement l’addition des trois pour ensuite diviser par trois puits enfin multiplier par deux. Sa moyenne lui donna le nombre de 56 ce qui était dans la moyenne basse. Rien d’alarmant sur ce point. Elle prit ensuite le brassard qu’elle installa autour de son bras gauche et regarda ce que lui affichait le compteur. Un peu moins de 140/90 mm Hg pour la tension artérielle, ce qui était tout à fait normal. Cela rassura quelque peu Lyssandre. Elle argua que ses problèmes devaient certainement être uniquement dû à un manque alimentaire conséquent.

Elle le fixa pendant quelques secondes dans les yeux avant de dire :

-Bon il semblerait que ton système cardiaque soit bien réglé. Toutefois, je te demanderais de répondre à quelques questions si tu ne vois pas d’inconvénients, parce que bon ton IMC n’est quand même pas terrible du tout. Bon certes, tu pourras me dire que l’IMC est un sujet qui fait polémique aujourd’hui dans le monde médical et certains se demande s’il est vraiment utile. Néanmoins, il reste encore aujourd’hui un phare, bon un phare en perdition, qui permet de se situer en comparant taille et poids. Mais bon je m’égare je suis désolé.

Il serait juste de dire que Lyssandre avait la fâcheuse tendance de tout vouloir dire et cela induisait qu’elle avait parfois du mal à mettre un philtre pour contenir le flux de pensées qui l’a submergé. Il n’était donc pas rare de la voir partir loin dans ses idées. Parfois elle s’en rendait compte et parfois non. Cette fois-ci elle le remarqua, certainement car elle était au travail mais en dehors… Elle reprit la parole en affichant de nouveau un sourire léger non provocateur :

-Dis-moi, manges-tu correctement ? Tu sais que ce n’est pas très classique de finir en aussi peu de temps autant de fois à l’infirmerie. Je vois bien que tu n’aimes pas être là cependant, si tu continues comme cela tu vas devoir te taper des examens médicaux, des visites médicales régulières, les séances chez la psychologue… Il faudrait vraiment que tu fasses plus attention.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hikaru Yuugure

Maître de la CB

Maître de la CB
avatar


Second avatar : Messages : 153
Date d'inscription : 12/08/2016

MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   Lun 6 Mar - 14:58

On est pas sortis de l'auberge...


Gardant ma veste sur mon bras droit, je suivis les directives que la remplaçante de l'infirmière m'indiquait, tendre le bras gauche paume vers le haut, pour la laisser prendre mon pouls. Je connaissais relativement bien la procédure, raison pour laquelle j'avais un peu tendance à lever les yeux au ciel à chacune de ses instructions. Je n'y peux rien si ça m'ennuie au plus haut point ! J'étais familier avec le monde médical,  j'y avais souvent été en grande partie pour des os cassés par un rien, et quelques autres blessures dont il est inutile de parler, j'ai l'art de me blesser pour un rien, la preuve, je vous renvoie à ma première véritable interaction avec Takebashi, et notamment à mon art de faire la crêpe comme pas permis...art qui m'avait conduit ici d'ailleurs. Je marque très facilement, et j'ai le corps fragile, surtout avec ma récente perte de poids qui avait mis la personne qui m'auscultait mal à l'aise, ça, je ne l'avais pas raté. Dès le moment où elle avait posé les doigts sur mon poignet gauche, j'avais ramené mon bras droit bien plus près de mon corps. Fallait vraiment que je me réhabitue au contact humain physique qui n'a pas de but violent, vu que je ne suis en mesure que de tolérer les atama-pon, et encore, j'ai l'impression de redevenir un gamin. Enfin...ça ne me déplaît pas forcément, mais il faut vraiment que la personne qui me fait ça soit quelqu'un avec qui je sois très proche si elle veut que je me laisse faire. Encore des conséquences de ma dernière année de collège je suppose, je trouverai bien le moyen d'y remédier avec le temps, si le monde est bien fait, il n'y a pas que des brutes et abrutis sans vergogne. Enfin, du moment que je n'ai eu à retirer ni ma chemise, ni mes mitaines, tout va bien pour le moment. La situation aurait pu être meilleure, certes, mais elle aurait pu être pire, alors je vais m'en contenter. C'est déjà pas mal d'avoir pu négocier la protection de ma pudeur, on va pas trop en demander.

Puis vint le moment de la tension. Le temps qu'elle parte chercher son brassard et je devais très vite reprendre le contrôle de ma respiration, perdu peu après qu'elle l'ait pris, parce que j'ai failli me tendre comme une corde de guitare lorsqu'elle a passé le brassard sur mon bras. Respire Hikaru. Inspire. Expire. Reste calme. Ne panique pas. Évite de comparer ce brassard à tes camarades qui te maintenaient pour que les autres te frappent durant ta dernière année de collège. Trop tard, je viens de le faire. Les souvenirs qui ressurgissent, le portable que j'ai laissé dans ma chambre depuis Halloween dernier doit être désormais bourré de leurs messages tous plus aimables les uns que les autres. Le fol espoir de revoir ma sœur en vie juste pour leur donner tort, juste pour me rassurer, juste me donner une sorte de bonne conscience sur le fait que je ne l'ai pas tuée, le fol espoir qui ne restera que ça. Ce à quoi tout ça m'a poussé jadis, ce contre quoi je cherche à lutter, cette bataille que je suis en train de perdre, cette bataille pour laquelle je n'ai plus la force et encore moins la volonté de continuer, cette pente que j'essaie de remonter, cette pente qui se fait toujours plus difficile à gravir. J'ai tout gâché je le sais, et je suis le seul sur qui je peux faire porter la responsabilité de ce qui c'est passé, et de ce qui se passe actuellement. Respire. L'examen n'est pas fini. Pas encore, mais bientôt. Je pourrai bientôt partir et j'irai ressasser ça dans mon coin. Plonger un peu plus profondément en essayant de trouver ne serait-ce qu'une bonne raison pour laquelle je devrais continuer à essayer d'aller mieux. Une cause perdue pour une partie de moi, persuadée que tout ça est inutile, qu'il vaut mieux tout arrêter pendant qu'il en est encore temps, et que cela fera plus de bien que de mal ; et une autre qui veut encore essayer, qui refuse d'abandonner sans se battre, qui sait que ce n'est pas ça que je dois faire, et que cela détruirait définitivement ma famille. Ma famille. Mon frère. Ma sœur. La raison pour laquelle ces deux états d'esprits en moi s'affrontent...

Elle coupa le fil de mes pensées, et je levais la tête, presque surpris de l'entendre tant j'étais parti loin dans mes pensées morbides. Encore heureux que mon système cardiaque soit bien réglé, avant que je me mette à négliger ma santé, je pouvais me vanter du fait qu'elle était très bonne, n'étant tombé malade que très peu de fois en quinze ans d'existence. Mais là, j'en suis venu à un point ou je ne sais même plus si ma vie n'a, ne serait-ce qu'un soupçon d'importance à mes yeux. Je n'étais certes pas aussi bon sportif que ne l'étaient mes aînés, mais il y avait une époque où je me défendais plutôt pas mal dans la matière, tant que ce n'était pas des sports d'équipe, je détestais ça, et les autres n'aiment pas être en équipe avec moi, ce qui avait le mérite d'être clair. Et puis, il fallait bien que je compense mes lacunes en lettres et langues, du coup je faisais de mon mieux. Maintenant, tout ce qui reste est un faiblard gringalet, alors autant dire que si je parlais de mon enfance à un de mes camarades, je suis sûr qu'il me rirait au nez sans me croire. Mais la suite ne m'enchantait pas du tout. Un interrogatoire. Manquait plus que ça. Déjà, pas que je déteste les passer, mais disons que j'en ai soupé avec mon frère, qui montrait clairement dans ces cas là qu'il n'était pas aussi observateur que ma sœur face à qui je n'avais pas besoin de parler pour qu'elle comprenne ce qui n'allait pas. Et comme si c'était pas évident, je savais que mon IMC était loin de m'être favorable, mais bon, ce n'est qu'un repère parmi tant d'autres de mon état de santé lamentable, et beaucoup des docteurs que j'ai fréquenté sont persuadés que c'est juste inutile et ne sert qu'à favoriser les complexes. Cela ne les empêchent pas de l'utiliser, certes, mais faudrait savoir, après, si ils n'ont que ça, ça peut se comprendre. Après, ce qu'elle dit reste très censé, et loin d'être un mensonge, on sent qu'elle connaît son sujet, comme on s'y attend à Kibougamine certes, mais on sent aussi qu'elle y nourrit un intérêt certain, d'où ma réponse...

« Pas de souci, c'était pas dénué d'intérêt, avouai-je gêné, mais je suppose que j'ai pas le choix pour l'interrogatoire... »

Effectivement non, car à peine ai-je pu finir la deuxième partie de ma réponse qu'elle commença. Et elle était obligée de commencer par cette question ? Je veux dire, c'est quand même une question bateau, à laquelle il est possible de répondre rien qu'en me regardant, même rapidement. Ce n'est pas pour rien que tout ma classe est d'accord sur le fait de me voir comme un gringalet. Mais encore, qu'elle veuille s'en assurer, je peux comprendre, histoire de voir si ce n'est pas un autre souci de santé plus grave. Mais le reste...je crois sérieusement qu'elle aurait pu s'abstenir. Je suis le premier à remarquer qu'aller trois fois à l'infirmerie pour la même raison en aussi peu de temps n'est pas normal. Son seul point positif est qu'elle ait remarqué le fait que je n'avais pas envie d'être là, mais mes nerfs commencent doucement à s'échauffer, ça commence à bouillir là dedans, sachant que de base, je suis d'une humeur rarement bonne, alors mieux vaut qu'elle arrête de déblatérer ses conneries maintenant où c'est moi qui vais péter un câble alors qu'elle ne l'aura pas mérité. Comme pour tenter de garder mon calme, je remis très vite ma veste, faisant gaffe à ce qu'elle ne voie pas mon bras droit. J'étais prêt à partir dès que possible, mais n'ayant pas fini son discours, je restais quand même là à écouter ce qu'elle avait à dire, au cas où elle corrigerait le tir. Je le regrette déjà, au vu de la batterie de test qu'elle me déroule. Les visites médicales régulières, ça peut passer, et encore, je ne suis pas une poupée de porcelaine ! Les examens médicaux, alors là, je dis non, mais certainement pas ! Hors de question de montrer à plus de gens mon corps bordel ! Et les séances psychologiques, on me les avait proposées à mon dernier passage à l'hôpital, et j'ai refusé catégoriquement, je suis très bien dans ma merde et si jamais je dois le refaire, qu'à cela ne tienne, il faut bien que ça arrive à tous un jour ou l'autre ! Je serrai alors frénétiquement les poings, mais je commençais à saturer qu'on prenne en pitié mon état de santé dont je me moque royalement !

« Oui je sais, et je n'en ai rien à battre, dis-je en tentant de garder mon calme, alors évitez les questions dont vous connaissez déjà la réponse, et dites le si vous voulez me faire faire un examen complet. Mais de toute façon, si je dois en crever, j'en crèverai. »

By Paysanne

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le contact humain [ feat Hikaru Yuugure]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» mineur humain pour warhammer jdr
» Meilleur Rpiste Humain
» Database : Humain
» je suis lucie ou plUTOT CERIZ ET JE CHERCHE DES CONTACT MSN
» [Exemple Humain - Validée] Nami

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Despair Academy : Renaissance :: L'Academie Kibougamine :: L'Aile Est :: L'Infirmerie :: L'Infirmerie-